Un double défi au profit des sapeurs de l’armée de Terre

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Deux nouveaux défis technologiques sont désormais sur les rails au sein de DEMOCLES, ce programme conduit par un quatuor d’industriels français et visant à répondre aux enjeux qu’affrontent les sapeurs de l’armée de Terre dans le segment du contre-minage. 

Après les feuilles de route et le cadrage des besoins, place aux challenges techniques pour DEMOCLES, cette OASIS* dont le double objectif sera de fédérer un écosystème et d’améliorer ou de développer de nouvelles briques pour lutter contre les mines, engins explosifs improvisés, sous-munitions et munitions non explosées. Dévoilé l’an dernier et notifié pour une durée de sept ans, DEMOCLES rassemble Thales SIX GTS France, Arquus et KNDS Mobility au sein d’un groupement momentané d’entreprises piloté par KNDS France. 

Lancés au début de l’été, ces défis relèvent tous deux de la détection des menaces, une thématique parmi la dizaine couverte par DEMOCLES. Le principe est lui aussi identique. Il s’agira de capter, sélectionner, tester et valider les bonnes idées avec l’appui de la Direction générale de l’armement (DGA). En équipe ou en solitaire, la compétition est par contre limitée aux entreprises, laboratoires et universités dont les activités de R&T sont localisées en France. À chaque défi son objet : de nouvelles antennes anti-IED sous la houlette d’un côté et un radar à pénétration de sol (GPR) de l’autre. 

Animé par Thales, le premier volet entend revoir les logiques d’intégration de systèmes anti-IED sur les plateformes terrestres. « Depuis une vingtaine d’années, les forces françaises sont exposées à la prolifération de la menace des EEI radio commandés (RCIED en anglais). La lutte contre cette menace passe aujourd’hui par l’intégration de brouilleurs sur les véhicules d’armement terrestre », rappelle Thales, notamment à l’origine des brouilleurs ECLIPSE de plus en plus présents parmi la flotte de l’armée de Terre. 

La menace prolifère et, pour la contrer, la méthode repose essentiellement sur des moyens propres à densifier un toit déjà chargé d’antennes de communication et autres « aériens » dédiés à la radionavigation. Parfois synonyme de blocage d’une trappe d’accès, cette option réduit autant l’espace disponible que les performances de chaque système. Il s’agit donc « de disposer de nouvelles pistes d’aériens pour la fonction d’autoprotection des véhicules. L’idée est de remplacer l’aérien omnidirectionnel intégré sur le toit par plusieurs antennes planaires intégrées sur les faces latérales du porteur ». 

Potentiellement plus compactes, plus légères et réparties aux quatre extrémités du véhicules ces antennes déportées auraient plusieurs bénéfices. Selon l’industriel, une telle configuration contribuerait entre autres à diminuer la puissance nécessaire en concentrant davantage le rayonnement sur la zone d’intérêt, les interférences avec le réseau antennaire et l’impact visuel tout ouvrant le champ à d’autres fonctions de leurrage et de brouillage. Jusqu’à trois candidats pourront être sélectionnés pour participer à une succession de travaux et de simulations finalisés au printemps 2027 et avec l’appui des équipes de DGA Maîtrise de l’information basées à Bruz (Ille-et-Vilaine). 

Crédits image : 3e RG

La dynamique et son calendrier se répètent quasiment à l’identique pour l’autre voie, celle d’un radar GPR dont la recherche s’adosse cette fois à KNDS France. Conçue pour scanner le sol sur une faible épaisseur et y relever d’éventuelles anomalies magnétiques, la technologie GPR n’est pas une découverte pour les armées françaises. Sa combinaison avec une couche d’intelligence artificielle et un outil de sondage mécanique, par exemple, avait abouti dès 2022 au projet « Robotic Sensitive Minesweeper » (RSM). 

« Déjà éprouvé en contre-minage », ce type de radar constitue « une technologie prometteuse », commente l’Agence de l’innovation de défense (AID). Ce défi consistera donc à identifier les solutions les plus performantes et à les mettre à l’épreuve en s’appuyant sur les infrastructures du site berruyer de DGA Techniques terrestres. Si les systèmes complets sont privilégiés, le radar proposé pourra également être intégré sur un robot Barakuda de SHARK Robotics grâce à un interface mécanique conçu par KNDS France. Seuls cinq candidats au maximum accèderont à cette phase d’évaluation. 

De chaque côté, les meilleures solutions seront ensuite accompagnées par KNDS France, Thales et la DGA pour leur montée en maturité technologique jusqu’au niveau TRL 6, celui du démonstrateur. En cas de succès, les antennes planaires pourraient être intégrées et évaluées sur les principales plateformes terrestres visées par DEMOCLES, que sont le robot ROBIN et les Griffon et Serval génie. Et si les planètes s’alignent, c’est la perspective pour les industriels concernés de monter en temps et en heure à bord des futurs systèmes fléchés vers l’arme du génie. 

Crédits image : KNDS France / GME DEMOCLES

*Opération Agile de Stimulation de l’Innovation appliquée aux Systèmes