Eurosatory 2026 : atterrissage à l’automne pour le premier NH90 FS

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Le premier des 18 hélicoptères NH90 au standard « forces spéciales » est attendu en octobre prochain par le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (4e RHFS), apprenait-on aujourd’hui lors du salon Eurosatory.

Ce premier NH90 FS de série, le « TFRA n°60 », sera officiellement réceptionné fin juillet à Marignane au siège d’Airbus Helicopters, précise la Section technique de l’armée de Terre (STAT). Il rejoindra ensuite Valence et le groupement aéromobile de la STAT (GAMSTAT) pour une expérimentation technico-opérationnelle (EXTO) visant à finaliser certains équipements qui n’ont pu être testés à partir du prototype. L’ajout d’une trappe en soute sur l’appareil de série, par exemple, permettra de valider le transport sous élingue, notamment en grappe ou en nacelle.

Son atterrissage à l’automne à Pau lancera la phase d’appropriation. Une grande partie du chemin a déjà été parcouru pour les équipages. Pratiquement tous sont désormais formés sur Caïman. Restera un complément de qualification à réaliser une fois les premiers appareils au standard FS perçus. Trois autres exemplaires suivront d’ici la fin de l’année. Le 4e RHFS percevra au total 18 NH90 FS d’ici au printemps 2029, dont 10 seront théoriquement en service pour fin 2027. 

Lancé en 2020, le programme s’est depuis subdivisé en deux incréments. Lancé en 2020, le premier se matérialise notamment par la boule optronique Euroflir 410D, une mitrailleuse M134D, des fenêtres latérales élargies pour l’utilisation de mitrailleuses MAG 58, une trappe et un crochet, ou encore une baie radio modulaire KAMORA.

Le second incrément, synonyme d’investissement majeur, nécessitait d’embarquer au moins un partenaire. Ce sera l’Espagne, partenaire avec lequel seront intégrés le casque TopOwl DD de Thales et la caméra grand champ Eurofl’Eye de Safran Electronics & Defense. Ses six capteurs multispectraux offriront une vision à 200° partagée par le pilote et le copilote, sa projection sur le casque assurant une meilleure appréhension de l’environnement extérieur. Co-conduit avec DGA Essais en vol et Airbus Helicopters, le développement de cet incrément débutera à l’été 2027. Son déploiement sur les appareils concernés débutera en 2031. S’il sera natif pour l’Espagne, cet incrément nécessitera d’adapter une flotte française « pré-câblée » dès l’origine.

Hasard ou non du calendrier, l’arrivée du NH90 FS intervient à l’heure où la France se penche sur l’avenir de ses Caïman. Le client français s’était écarté d’un effort initial de modernisation, le Block 1. Ce sera, semble-t-il, pour mieux capitaliser sur le Block 2 à venir. Quelques évolutions prioritaires ont déjà pu être identifiées. Ce sont, entre autres, l’ajout de la liaison 16, de nouvelles radios, une nouvelle boule optronique de pilotage et de mission, ou encore de nouveaux moyens d’autoprotection. De quoi motiver le lancement, en avril dernier, d’une étude d’architecture visant à dégrossir le sujet, écrire des concepts d’opérations (CONOPS) et établir un contour technique, détaille la STAT. Et si le ce Block 2 ne sera pas le NH90 FS, ce dernier pourra aussi nourrir les réflexions. 

Cette étude s’achèvera en 2028. Elle sera suivie de travaux de dérisquage, prélude à l’entrée en réalisation du Block 2. Le créneau s’annonce dense pour l’ALAT. Non seulement d’autres échéances seront à l’agenda pour l’armement du Guépard et du Tigre rénové, mais la fourchette d’évolution pourrait aussi dépendre du programme Next Generation Rotorcraft (NGRC). Piloté par l’OTAN et rejoint dès sa création par la France, il vise justement à renouveler les parcs d’hélicoptères médians de et pourra lui aussi influer sur les grandes orientations à venir. Une solution commune pourrait être adoptée d’ici 2028, l’heure du choix pour une trame HMA française qui s’apprêtera alors à remiser et remplacer ses Cougar rénovés.