Éclaircie à l’horizon pour les hélicoptères de la Gendarmerie nationale

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Les alertes successives du Parlement et de la direction de la Gendarmerie nationale semblent avoir été entendus : des crédits sont enfin inscrits au prochain projet de loi de finances pour permettre aux gendarmes de s’offrir une vingtaine d’hélicoptères H145 D3 supplémentaires. 

Il ne s’agira pas tant de notifier un nouveau contrat que d’activer l’option d’un marché attribué fin 2023 par la Direction générale de l’armement (DGA) au nom du ministère de l’Intérieur. Cette tranche complémentaire comprenait néanmoins 22 H145 D3 au lieu des 23 prévus par le PLF 2027. Si le bleu budgétaire ne l’explique pas, il pourrait s’agir – simple hypothèse – d’une conséquence de la destruction d’un EC135 intervenue en juin dernier dans le Loiret. 

Longtemps attendu, l’effort sera rendu possible par une hausse majeure des investissements alloués aux « moyens mobiles ». Ses autorisations d’engagement seront plus que triplées pour dépasser les 82 M€. Idem pour les crédits de paiement, pratiquement doublés à 86,5 M€. 

Si tout reste à faire, l’adoption sans anicroche du PLF 2027 permettrait aux gendarmes de bénéficier des délais et des prix fixés dans le contrat initial. Alors estimé à 355 M€ pour 22 machines, l’investissement se matérialiserait théoriquement dès 2028 avec la livraison de trois exemplaires en 2028 et 2029. Conserver ces paramètres exigerait cependant d’affermir cette tranche avant fin février 2027, relevait un rapport sénatorial sorti cet été et consacré aux moyens aériens des gendarmes et policiers français.

Le directeur général de la Gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, avait déjà alerté à l’automne dernier : « si ce contrat n’est pas signé, la flotte d’hélicoptères de la gendarmerie sera significativement réduite et il nous faudra abandonner des missions ». Un an plus tard, pas question de louper à nouveau le coche. Les moyens annoncés pour l’an prochain ne seront en effet pas de trop pour rajeunir un parc à bout de souffle. Engagée tardivement, la dynamique de renouvellement s’est jusqu’à présent limitée à l’achat de six H145 D3 et de 10 H160. Les premiers seront livrés jusqu’en 2028. Les autres ne devraient atteindre leur pleine capacité que dans deux ans. 

L’heure est pourtant à l’urgence pour remplacer 26 Écureuils dont l’atterrissage final est prévu pour 2030. Près d’un tiers d’entre eux ont en réalité déjà été réformés pour cause de corrosion sur les structures primaires. Leur taux de disponibilité a encore diminué l’an dernier pour approcher 42%, soit 25 points en-deçà des autres flottes. S’y ajoutent 15 EC145 remisés d’ici à 2033 ainsi que l’EC135 accidenté cette année. En bref, ce sont 42 appareils à trouver rapidement, quand seuls 39 ont fait ou feront l’objet d’une commande si le PLF 2027 est adopté tel quel. 

A contrario, tout nouveau report aurait des conséquences « rapidement perceptibles », estime-t-on dans les rangs du Sénat. Hormis le prolongement coûteux d’appareils anciens, ce sont des indisponibilités supplémentaires, un allongement des délais de maintenance ou encore une « fragilisation particulière des territoires ultramarins ». Sans parler de « l’augmentation des risques supportés par les équipages et les victimes secourues ». Faute de percevoir ces appareils, la Gendarmerie nationale pourrait en fin de compte être forcée de fermer jusqu’à 10 sections aériennes à compter de 2028, à commencer par celles situées en outre-mer et dans les zones de montagne. 

Crédits image : ministère de l’Intérieur / SIRPA / B. Lapointe