RUAG Defence France et Agueris décrochent le marché SERKET du programme Scorpion

Vue d'artiste des véhicules Leclerc XLR, Griffon et Jaguar du programme Scorpion (Crédits: Nexter)

Vue d’artiste des véhicules Leclerc XLR, Griffon et Jaguar du programme Scorpion (Crédits: Nexter)

 

RUAG Defence France et Agueris ont été retenus par la DGA pour fournir une part essentielle du futur système de préparation opérationnelle (SPO) Scorpion. Ce marché comprend le développement, la livraison et le soutien de simulateurs cabines SERKET et de postes « Entraîneur technique et tactique » (ETT) au profit des régiments et écoles de l’armée de Terre.

 

Les systèmes SERKET (Simulateurs cabines avec Environnement Réaliste et Kinesthésique pour l’Entraînement Tactique) remplaceront les simulateurs Leclerc et AMX10 RC. Interopérables et dynamiques, ces nouvelles cabines serviront à la formation et à l’entraînement des équipages sur les véhicules Jaguar, Leclerc rénovés (XLR) et sur certaines variantes du Griffon. Elles seront complétées, cette fois au sein des unités, par les postes fixes ETT.

 

« Nous sommes fiers et nous réjouissons d’avoir été choisis pour ce programme ambitieux, essentiel pour l’entrainement des Forces Terrestre. Ce projet va également permettre à AGUERIS de renforcer sa présence sur les marchés de la simulation militaire terrestre avec une offre encore plus performante » s’est félicité Yves Jourde, président d’Agueris.

 

« SERKET est un marché capital. Il nous conforte dans le domaine de la simulation d’entrainement pour l’armée de Terre. Nous sommes extrêmement motivés car il s’agit de contribuer par nos équipements à l’efficacité de la préparation opérationnelle française en vue de la projection des forces SCORPION », a à son tour commenté Laurent Barraco, président de RUAG Defence France.

 

Selon la Lettre A, le duo l’aurait emporté face à Thales et à un troisième candidat non divulgué. Le choix de la DGA se serait porté en priorité sur l’offre économiquement la plus avantageuse. Ce marché d’une durée initiale de sept ans et valorisé à « plusieurs dizaines de millions d’euros » se traduira par la livraison d’ « une centaine d’équipements », précise la Lettre A. Il inclut aussi le soutien des équipements pour une durée de 10 ans.

 

En principe, chaque régiment XLR recevra une cabine SERKET. Les Écoles militaires de Saumur (EMS) et le 1er RCA de Canjuers seront chacun dotés de quatre cabines. Du côté des chasseurs d’Afrique, un bâtiment de simulation SERKET sera livré en 2021. S’y ajoutent quatre postes ETT par régiment de Leclerc XLR et de Jaguar, ainsi que quatre postes à Saumur et à Canjuers. Une version containérisée projetable de l’ETT assurera l’appui aux unités déployées en OPEX.

 

S’ils ne disposent pas de la force de frappe de Thales, tant Agueris que RUAG Defence France sont bien connus des armées françaises. Le premier, filiale du groupe belge John Cockerill, a été sélectionné par Safran pour fournir les simulateurs du futur système de drones tactiques (SDT – Patroller) de l’armée de Terre. Depuis 2017, le second est en charge, en coopération avec Thales, de la modernisation de l’instrumentation des centres d’entraînement de l’armée de Terre (CENTAC et CENZUB) au travers de l’opération CERBERE.

 

Thales et RUAG Defence France pourraient bientôt se retrouver à nouveau dans les starting-blocks, cette fois pour la fourniture des systèmes de simulation SEMBA (simulateur embarqué), autre brique majeure du SPO Scorpion. En comparaison à des dispositifs SERKET et ETT « classiques », SEMBA incarne une réelle innovation de part sa capacité à se déployer directement sur les véhicules Scorpion. L’engin devient dès lors son propre outil de formation à son usage opérationnel. À terme, chaque régiment doté de Griffon ou de Jaguar sera en mesure de relier jusqu’à 16 engins dans un scénario commun. SEMBA permettra ainsi à une compagnie ou à un escadron de s’exercer depuis son quartier, voire sur un théâtre d’OPEX, au lieu de dépendre d’installations coûteuses, souvent éloignées et disponibles en faible nombre.