Le robot mule Probot en partance pour Barkhane ?

Le robot Probot accompagne les Turcos sur le terrain de manoeuvre à quelques semaines de leur déploiement sur Barkhane (Crédits : 1er régiment de Tirailleurs)

Le robot Probot accompagne les Turcos sur le terrain de manœuvre, à quelques semaines de leur déploiement sur Barkhane (Crédits : 1er régiment de Tirailleurs)

 

Le robot mule Probot semble s’apprêter à rejoindre l’opération Barkhane pour une série d’expérimentations en conditions réelles. Au moins un exemplaire accompagne le 1er régiment de tirailleurs d’Épinal dans son processus de préparation opérationnelle, alors qu’approche sa prochaine relève de quatre mois au Sahel.

 

Lancé en juillet 2019, le projet Robopex est depuis lors globalement resté sous les radars. Ce programme géré par l’Agence d’innovation de défense (AID) comprend l’acquisition et le déploiement de cinq robots mules sur un théâtre d’opération extérieure à des fins d’expérimentation. Hormis sa capacité de transport, le système retenu doit disposer de fonctions d’observation et de reconnaissance.

 

Le sujet Robopex réapparait au grand jour dans les mains de Turcos en partance pour Barkhane. Objectif annoncé : évaluer la fonction mule en situation réelle. Autrement dit, réduire la fatigue physique du combattant en confiant une partie du paquetage, des équipements et armements collectifs et autres munitions au Probot, capable de transporter jusqu’à 750 kg de matériel durant huit heures et à une vitesse de 12 km/h. Comme démontré par les images du 1er RTir, des chenilles peuvent venir se superposer aux trains de roues du robot pour en améliorer les capacités de franchissement sur terrain sablonneux ou boueux.

 

Le premier des cinq robots a été livré en juin 2020. Vérifications et tests se sont ensuite enchaînés afin de permettre un envoi en OPEX de l’ensemble de la cohorte, dont la livraison sera finalisée cet automne, avant la fin de l’année 2020.

 

Ce projet avait provoqué quelques remous en fin d’année dernière, l’AID ayant privilégié la solution proposée par l’Israélien Roboteam, associé à la société essonnienne GACI Rugged Systems, au lieu de se tourner vers une solution 100% nationale. Le directeur de l’AID, Emmanuel Chiva, s’était attaché à mettre un terme définitif à cette « polémique » en juin dernier.

 

« Le choix du projet Robopex n’est pas une erreur mais une décision pleinement assumée », expliquait-il, soulignant le caractère strictement expérimental, donc limité, de cette acquisition. « Je le répète, il ne s’agit pas d’acquérir une grande série de robots dans le cadre du programme Scorpion par exemple. Il s’agit de procéder à une expérimentation qui nous permettra de déterminer les contours de ce que pourrait être le robot mule de demain, répondant au mieux aux besoins de nos forces ». De fait, Robopex s’attachera avant tout à définir la meilleure adéquation entre une classe de robot et son usage sur le terrain avant d’entrevoir un éventuel déploiement à grande échelle, dans l’idéal à partir d’une solution française.