Covid-19 : l’OTAN en renfort des dispositifs sanitaires nationaux

Du matériel médical déchargé ce samedi d'un An-124 à l'aéroport de Pardubice, République tchèque. (Crédit : Ministère de La Défense tchèque / Jana Deckerová)

Du matériel médical déchargé ce samedi d’un An-124 à l’aéroport de Pardubice, République tchèque. (Crédit : Ministère de La Défense tchèque / Jana Deckerová)

 

Quartier général vidé de ses employés, exercices militaires à l’arrêt ou réduits, etc. : une apparente léthargie s’est emparée de l’OTAN, contrainte elle aussi d’adopter une série de « mesures barrières » contre le Covid-19. Pour autant, ses capacités opérationnelles restent intactes et sont ponctuellement mises à profit par les États membres pour renforcer leur dispositif médical, soit au travers de l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA), soit, tout simplement, sur base de la solidarité.

 

Bras logistique de l’Alliance atlantique, la NSPA dispose d’une série de leviers lui permettant de jouer le rôle d’intégrateur logistique dans le cadre d’initiatives nationales ou internationales. La semaine dernière, ses capacités ont été sollicités par la République tchèque, la Slovaquie et le Grand-Duché de Luxembourg.

 

Grâce au pool de transport stratégique SALIS, Prague et Bratislava vont pouvoir réceptionner des dizaines de tonnes de matériels de protection médicale d’urgence en provenance de Shenzen (Chine). Un premier avion An-124-100M Ruslan opéré par Antonov Logistics SALIS (ALS) a atterrit ce samedi en République tchèque avec 70 tonnes d’équipement, dont des respirateurs et « des millions de masques de protection ».

 

« Il s’agissait du premier acheminement de matériel médical effectué par un avion de transport Ruslan à partir des heures fournies par ce programme [SALIS]. Nous en prévoyons deux autres en mars. Le premier devrait avoir lieu ce mardi et le second à la fin du mois, » a déclaré le ministre de la Défense tchèque, Lubomír Metnar. Le matériel perçu sera distribué en priorité aux hôpitaux par le ministère de la Santé, le reste sera confié au ministère de l’Intérieur. Un vol est également prévu, en théorie aujourd’hui, au bénéfice de la Slovaquie.

 

Pour réaliser ces missions, ALS a dû adopter de nouvelles procédures afin de garantir la protection des équipages sur le sol chinois. « Par exemple, les contacts directs avec le personnel local sont interdits. Les autorités chinoises ont accepté de déroger à leurs règles nationales, permettant au personnel navigant de rester à bord pendant le contrôle des passeports, » explique un responsable de la NSPA. Les équipages d’An-124 ont par ailleurs été renforcés afin d’assurer un vol sans escale entre les aéroports de Pardubice et de Shenzen.

 

Plus près de chez nous, le Grand-Duché de Luxembourg a lui aussi requis l’aide de l’agence otanienne pour renforcer le dispositif sanitaire du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL). En moins de 24 heures, la NSPA a établi et coordonné le transport d’une structure d’accueil médicale avec le concours de CargoLux. Une telle opération nécessite normalement cinq jours de préparation. « Ces installations supplémentaires nous permettront d’adapter considérablement la zone de tri des patients avec une zone adjacente pour les tests en laboratoire et l’équipement de radiographie, » détaille un responsable du CHL.

 

Au total, six vols seront effectués par CargoLux afin de convoyer 54 containers de matériel en provenance de Bari (Italie). « La structure sera opérationnelle dans les prochains jours, » précisait vendredi dernier le gouvernement luxembourgeois. Elle autorisera l’installation de 200 lits supplémentaires dont 100 équipés d’un respirateur. Son système sanitaire bientôt renforcé, le Grand-Duché de Luxembourg est désormais en mesure d’accepter des patients français, annonçait hier le président de la région Grand Est, Jean Rottner.

 

Et puis il reste, heureusement, un embryon de solidarité entre États. Épicentre de la pandémie, l’Italie a reçu hier un coup de main des États-Unis sous la forme d’un centre de tri mobile (ERPSS) livré sur la base aérienne d’Aviano par un Hercules C-130J du 86th Airlift Wing de Ramstein (Allemagne). Conçu pour fournir une capacité initiale en moins d’une heure, cet ERPSS dispose de trois semaines d’autonomie. Il pourra prendre en charge jusqu’à 40 patients par jour.