Des commandes aux livraisons et du VBCI rénové au CAESAR de nouvelle génération, tour d’horizon de ce qu’annonce le projet de loi de finances pour 2027 pour l’armée de Terre sur le plan capacitaire. À supposer, bien sûr, que le document soit adopté tel quel et en temps et en heure. Et sans compter les éventuels aléas rencontrés en cours d’exercice.
« Quatrième annuité de la LPM 2024-2030, l’année 2027 verra se poursuivre l’accélération du réarmement et le renforcement des priorités capacitaires les plus critiques dans un contexte géostratégique toujours plus versatile », rappelle le ministère des Armées dans l’un des bleus budgétaires. Pour l’armée de Terre, cela se traduira autant par des livraisons et des commandes que par le lancement de nouveaux programmes et la refonte d’au moins une cible, conformément aux objectifs fixés par l’actualisation de la loi de programmation militaire.
Côté livraisons, l’armée de Terre devrait mettre la main sur six hélicoptères NH90 FS, des capacité de renseignement électromagnétique (ROEM) tactiques, 120 Serval appui SCORPION (ou VLTP-P), les trois derniers hélicoptères Tigre au standard HAD, 21 chars Leclerc rénovés, 16 canons CAESAR NG, 20 Jaguar, 110 Griffon, 15 Griffon MEPAC, 70 Serval, et des lots de missiles MMP, d’obus d’artillerie et de munitions téléopérées longue portée. L’armée de Terre devrait également toucher ses 20 premiers engins lourds du génie (ELD) ainsi que 19 porteurs polyvalents benne du génie (PPBG), plateforme acquise sur court préavis et fournie par Scania.
Côté commandes, le PLF annonce l’acquisition de radars tactiques mobiles, de plateformes robotisées d’appui-feu, de systèmes de décontamination NRBC, de radars de défense sol-air, de 70 VBL Ultima supplémentaires et de robots lourds d’ouverture d’itinéraires pour le génie. Actée en mars, la clôture du contrat SDT avec Safran Electronics & Defense n’empêche par l’armée de Terre d’étudier « la possibilité d’acquérir d’autres systèmes pour apporter une première capacité de drone tactique ». La démarche semble avoir dépassé le stade de l’étude, le PLF prévoyant des fonds pour l’achat sur étagère de systèmes de drones d’appui dans la profondeur. S’y ajoutent, sous réserve de la mise en oeuvre du programme, la commande d’une capacité intermédiaire de robots armés pour équiper deux régiments et quelques sujets interarmées, tels que ces 100 camions citernes de nouvelle génération (CCNG) supplémentaires et des développements au profit du système C2 ARCADIA.
Voilà pour les principaux événements, globalement inscrits dans la continuité des annuités précédentes. Quelques faits viennent néanmoins apporter de la nouveauté, notamment à destination des unités blindées. La feuille de route de l’armée de Terre en attend le résultat au-delà de 2035, mais la rénovation à mi-vie du VBCI devrait démarrer dès l’an prochain. Finalement décorrélé du programme SCORPION, l’effort devient un programme à effet majeur à part entière. Si ni la cible, ni le périmètre de cette rénovation ne sont pour l’instant détaillés, certains besoins remontent régulièrement des forces, à commencer par une létalité accrue. Une première ligne de 260 M€ est désormais envisagée pour le lancement en réalisation d’un premier incrément.
Autre sujet devant apparaître en 2027 mais cette fois anticipé : le char intermédiaire. Contrairement au VBCI rénové, ce successeur du Leclerc XLR reste pour l’instant rattaché au programme 144 et à des études amont créditées d’un peu plus de 1 Md€. En hausse l’an prochain, l’enveloppe de 167 M€ dédiée à l’innovation terrestre est ainsi principalement consacrée à « la maturation des technologies » nécessaire à cette future capacité.
Sans surprise, le dossier MGCS ne bénéficiera quant à lui d’aucun crédit supplémentaire. La réorientation en cours de part et d’autre de la frontière « impose une adaptation du périmètre MGCS pour être en cohérence avec cette nouvelle approche », indique le ministère tout en précisant que « les travaux de réorientation technique sont actuellement en cours, avant une nouvelle consultation des industriels visée d’ici fin 2026 ».
Ce PLF acte par ailleurs la remontée de la cible de CAESAR NG, tel qu’acté par l’actualisation de la LPM. Si celle-ci passe de 109 à 150 exemplaires, aucune commande n’est prévue pour l’an prochain. L’échéancier du programme a par ailleurs été modifié pour prioriser la livraison de deux lots initiaux de quatre CAESAR NG à la Lituanie et à la Belgique, premiers clients étrangers de cette évolution.
Après avoir subi quelques remous et retards, le véhicule blindé d’aide à l’engagement (VBAE) pourrait enfin passer la seconde l’an prochain. Conduit en coopération avec la Belgique, l’effort entre dans la programmation avec une ligne dédiée, et non des moindres : plus de 3,3 Md€ en autorisations d’engagement. De quoi, enfin, entrevoir le développement et l’industrialisation de celui qui doit prendre la suite du VBL.
Apparu l’an dernier, le programme de missile balistique terrestre (MBT) voit son enveloppe grossir sensiblement. Après y avoir consacré 1 Md€ en autorisations d’engagement l’an dernier, le ministère projette d’y affecter 1,5 Md€ l’an prochain. Seuls un peu moins de 80 M€ seraient réellement engagés en 2027 pour soutenir les travaux préparatoires en vue d’un lancement en réalisation théoriquement attendu pour 2028.
Crédits image : 35e RI