Nouvelle tranche française et première victoire à l’étranger pour DAMOCLES

Share

Double victoire pour la munition téléopérée MX-10 DAMOCLES développée par KNDS France et Delair. D’un côté, le ministère des Armées renouvelle sa confiance et en reprend une tranche. De l’autre, elle enregistre un premier succès auprès d’une armée étrangère. 

Après les 460 unités livrées entre 2025 et 2026, place à un nouveau lot d’envergure équivalente au profit des armées françaises. Activée début octobre, cette tranche optionnelle annonce la livraison de « plusieurs centaines de munitions téléopérées » en l’espace de 12 mois. Les premiers exemplaires sont attendus pour début 2027. En service dans l’armée de Terre et la Marine nationale, la MX-10 DAMOCLES conserve ses caractéristiques d’origine, que sont essentiellement une portée de 10 à 20 km, une charge à éclats et un système d’armement « maison » à double sécurité.  

« Cette nouvelle commande permet d’accroître les capacités de production », pointe le groupe franco-allemand. La visibilité apportée par le contrat notifié à l’été 2024 aura permis d’anticiper la suite. « Nous nous sommes organisés, dès la tranche ferme, pour être en capacité de monter en production en série », poursuit KNDS. Qu’importe le type de tête, KNDS a investi dans les matières premières et le recrutement nécessaires pour progresser rapidement « si le besoin s’en fait sentir ». Idem du côté de Delair, qui s’est quant à lui rapproché branche française de l’équipementier automobile allemand Schaeffler pour produire le vecteur. Le tout a permis de décupler la capacité de départ pour parvenir à 100 unités produites par jour. Du moins, pour l’instant.

L’argument ne sera pas de trop pour adresser un marché aussi actif que concurrentiel. « Il y a énormément de demande, tant sur la très courte portée que sur les courte, moyenne et longue portées », observe KNDS. Réunie l’an dernier sous la bannière MATARIS, l’offre de KNDS tente désormais sa chance avec d’autres sujets franco-français. Après la courte portée, l’industriel se positionne en équipe pour le futur marché des munitions téléopérées de moyenne portée (MTO MP), troisième incrément du programme Drones de contact. Plus de 500 M€ ont été inscrits au budget 2026 pour, entre autres, matérialiser un marché dont le résultat doit être annoncé d’ici peu. 

L’effort imminent sur la moyenne portée est par ailleurs concomitant du lancement d’une consultation pour la production de plusieurs dizaines de milliers de têtes militaires. La Direction générale de l’armement (DGA) a en effet choisi de séparer la charge de son porteur, la première pouvant être stockée dans la durée tandis que le second reste soumis à des cycles d’évolution très rapides. Là aussi, la division munitionnaire du groupe franco-allemand aura plus d’une carte à jouer. « KNDS veut prendre sa part tant sur le volet des MTO au travers de partenariats adaptés avec des acteurs français ou étrangers que différents types de têtes militaires », assure l’industriel.

Ailleurs, les campagnes à l’export se multiplient un peu partout. Avec une première victoire à la clef : un contrat d’un peu plus de 1,6 M€ de la Défense luxembourgeoise pour la livraison d’une capacité initiale de MTO basée sur la solution DAMOCLES. Conclu en juin dernier avec KNDS Ammo France, ce marché permettra à l’armée luxembourgeoise de mettre le pied à l’étrier en misant sur la seule MTO aujourd’hui qualifiée au niveau étatique en Europe. Derrière la poursuite de l’alignement capacitaire avec un allié proche, le niveau et le nombre de sécurités successives – cinq au total – ne seraient également pas étrangers à ce choix, nous expliquait-on. S’adosser à la France amène au passage des moyens d’essais et d’entraînement spécifiques dont la Défense luxembourgeoise est dépourvue, estime-t-on dans ses rangs. 

Crédits image : KNDS / Delair