Essai transformé pour le droniste française Harmattan AI, dont le drone intercepteur de drones GOBI vient d’être retenu par la Direction générale de l’armement (DGA) pour rejoindre l’arsenal des armées françaises.
« La lettre de commandes est partie hier », annonçait ce matin le directeur général adjoint de la DGA, l’ingénieur général de classe exceptionnelle de l’armement Alexandre Lahousse. Cette notification intervient seulement 24h après la réussite des essais conduits par Harmattan AI en collaboration avec le centre expert référent lutte anti-drones (CERLAD) de la DGA. Un premier lot de 50 intercepteurs GOBI Zephyr est attendu à compter du mois prochain par les forces. D’autres tranches d’envergure identique sont inscrites au contrat, des commandes supplémentaires que la DGA décidera d’activer pour fournir « autant que de nécessaire, autant que souhaité par les armées ». Volontairement agile, le mécanisme sera adapté tant selon le besoin militaire qu’en fonction des budgets disponibles.
Si les performances de cette version « Zephyr » ne sont pas détaillées, Harmattan AI a dévoilé la solution GOBI l’an dernier. Cet intercepteur de 2,2 kg est conçu pour détruire un drone de classe 1-2 à l’impact en se focalisant sur sa propulsion. Déployable de jour comme de nuit dans un rayon de 10 km, il atteint, selon son concepteur, une vitesse de pointe de 350 km/h.
Mis à profit dans le cadre du conflit au Proche et Moyen-Orient, le CERLAD aura mené quatre campagnes d’essais en l’espace de deux mois. De quoi dépasser les slogans commerciaux et « trier ce qui marchait et ne marchait pas », relève l’IGA Lahousse. Première solution retenue, les drones Blaze conçus par la société lettonne Origin Robotics ont été livrés aux forces en moins de deux mois. Harmattan AI aura quant à lui dû revoir sa copie. Après des essais qui « n’étaient pas tous conclusifs », la société aura bénéficié d’un accompagnement de la DGA pour parvenir au succès acquis cette semaine.
L’adoption du GOBI est l’une des avancées acquises par les cinq centre experts référents créés début 2026 par la DGA avec un objectif : « mettre des matériels le plus vite possible dans les mains des armées ». Complémentaires des pôles exploratoires de l’armée de Terre, ces centres ont pris en main et développé une trentaine de projets depuis leur création.
Chaque centre a été doté d’un budget initial « de réactivité » de 5 M€ pour mettre immédiatement le pied à l’étrier. Cette capacité d’amorçage pourra évoluer à la hausse. Il reste par ailleurs connecté aux lignes bien plus importantes des opérations d’armement à flux, celles financées par le programme 146. D’autres centres pourraient voir le jour, parfois à l’impulsion des armées et de services transversaux. Exemple avec le Service du commissariat des armées (SCA), en recherche d’une structure ad-hoc à laquelle s’adosser pour progresser sur l’intégration de nouvelles fonctions dans les textiles techniques.
Crédits image : Harmattan AI