Eurosatory 2026 : la fin du suspense pour le successeur du LRU

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Exit le Pinaka indien ou le HIMARS américain, le système qui succèdera au lance-roquettes unitaires (LRU) de l’armée de Terre sera bien souverain. De source industrielle, MBDA et Safran Electronics & Defense sortiraient vainqueurs du duel qui les opposait à Thales et ArianeGroup. 

La ministre des Armées, Catherine Vautrin, avait promis de tenir un comité ministériel d’investissement « avant l’été » pour entériner un choix définitif sur l’après-LRU. Le calendrier semble avoir été tenu, les industriels ayant été notifiés de la décision la semaine dernière. Le programme FLPT se matérialiserait donc autour de Thundart, cette roquette dotée d’une portée de 150 km et reposant en partie sur la bombe guidée AASM de Safran. Le prix, entre autres, aurait été déterminant lors de l’arbitrage final. 

Il reviendra au ministère des Armées d’officialiser une décision qui permettra à l’armée de Terre d’enfin entrevoir une nouvelle capacité de frappe longue portée jusqu’à 150 km, du moins dans un premier temps. « Il devrait y avoir de la communication à assez court terme là dessus », indiquait le général de corps d’armée Philippe Geay de Montenon, commandant la Force et les Opérations terrestres (COMFOT) hier après-midi en amont du salon Eurosatory. Ce dernier sera inauguré ce matin par la ministre des Armées, qui prévoit notamment de s’arrêter sur le stand de MBDA.

La roquette Thundart avait été démontrée avec succès mi-avril lors d’un tir réalisé depuis l’île du Levant. Elle n’est cependant qu’un pan d’un groupement élargi à Scania pour le porteur 8×8 sur lequel sera installé le lanceur, Essonne Sécurité pour la cabine blindée ou encore Palfinger pour la grue de rechargement. 

Ce marché estimé à 600 M€ pourrait être notifié dès juillet, nous précise-t-on. Une fois officialisé, ce contrat refermera définitivement la piste d’une solution étrangère. Lockheed Martin avait bien tenté une offensive de dernière minute en relançant une offre à base de HIMARS. Potentiellement intéressante en termes de délais – encore faut-il les tenir – et d’interopérabilité, la proposition aurait néanmoins été difficilement tenable sur le plan politique. 

L’investissement pressenti dans les rangs industriels se veut conforme au budget évoqué à l’entame de la loi de programmation militaire pour 2024-2030. Son projet d’actualisation, toujours en cours d’adoption au Parlement, a par ailleurs « rehaussé » l’ambition de départ en évoluant d’ « au moins 13 systèmes » à « entre 13 et 26 systèmes ». Selon le Délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, 300 roquettes sont également attendues d’ici la fin de la décennie. 

L’examen sénatorial aura permis d’inscrire une nouvelle cible portant sur « l’acquisition d’ici 2030 de 26 LRU de conception souveraine pouvant être portée à 52 d’ici 2035 ». Reste à trouver comment financer, car l’effort supplémentaire devait découler d’une rallonge de 14 Md€ jusqu’à présent rejetée tant par le gouvernement que par une majorité de sénateurs. 

Ce successeur du LRU, « nous en avons besoin, bien sûr, le plus vite possible », rappelait le GCA de Montenon. « L’armée de Terre identifie vraiment le besoin d’avoir, en 2030, une première capacité pour remplacer son lance-roquettes unitaires. C’est essentiel dans notre marche vers la division 27 et le corps d’armée 2030 », poursuivait ce dernier. Bientôt réunis au sein d’une coentreprise ad-hoc, MBDA et Safran ont assuré être en mesure de livrer une capacité initiale d’ici à 2029.