Safran Aerosystems et IrvinGQ décrochent le marché SLPA 2

Un A400M ravitaille le GTD "Altor" en opération  (Crédits : Armée de l'Air / Armées)

Un A400M ravitaille le GTD « Altor » en opération
(Crédits : Armée de l’Air / Armées)

 

Maillon essentiel de la chaîne de ravitaillement des Armées, la capacité de livraison par air (LPA) disposera prochainement de nouveaux outils d’aérolargage suite à l’attribution du marché SLPA 2 à Safran Aerosystems et au Britannique IrvinGQ. Les deux entreprises fourniront des systèmes de largage par gravité, par porte latérale et à bas coût appelés à être déployés, entre autres, par l’avion de transport A400M.

 

Divisé en deux lots, ce marché conclu pour une durée maximale de 10 ans sourit principalement à Safran Aerosystems. La filiale du groupe français décroche une commande de 29M€ pour la livraison de systèmes de largage par porte latérale (SLPL) et par gravité (SLPG). Le besoin donné à titre indicatif par la Direction générale de l’armement (DGA) lors du lancement du marché en septembre 2016 était de 200 SLPL avec voiles supplémentaires et de 160 SLPG subdivisés en lots de capacité d’une tonne, deux tonnes ou quatre tonnes et 80 voiles supplémentaires.

 

Conçu pour être réutilisable, le SLPL permettra de parachuter des colis d’une masse maximale de 320 kg, « ce qui correspond à la capacité offerte par l’A400M, » détaille le ministère des Armées. Le SLPG est quant à lui « un ensemble de systèmes réutilisables de largage de matériels adaptés aux interfaces de l’A400M ». Il permet, comme son nom l’indique, de larguer des colis en faisant usage de la gravité, une manoeuvre au cours de laquelle l’appareil en étant vole en augmentant légèrement l’assiette pour entraîner les charges vers l’arrière de la soute et la trappe ouverte. Ces systèmes sont donc compatibles avec le dispositif de largage RAS/Wedge (Ramp Aerial-delivery System), conçu par l’entreprise espagnole Aciturri pour le programme A400M. Le SLPG est lui aussi destiné à être réutilisé.

 

Le second lot pour la livraison de systèmes de ravitaillement à bas coût (SRBC) revient à la filiale française d’IrvinGQ, qui oeuvrera en tant que mandataire de la maison mère. Implantée à Toulouse en 2013, IrvinGQ France est est aujourd’hui dirigée par un ancien manager du programme A400M au sein de l’OCCAR. L’entreprise est à l’origine de la plateforme d’aérolargage ATAX, présentée en juillet dernier au 1er Régiment du train parachutiste (1er RTP) avec un véhicule léger Areg d’Arquus. Remportée face à deux autres concurrents, cette commande de 8M€ verra IrvinGQ fournir les systèmes ainsi que le soutien associé. Outil « low cost », le SRBC est un dispositif à usage unique ou « faiblement réutilisable ». Son utilisation sera en conséquence majoritairement limitée aux opérations pour lesquelles la récupération d’un tel matériel n’est pas envisageable à l’issue de la mission. Sa définition se devait d’être la plus simple possible afin de réduire les coûts au maximum, stipule l’avis de marché. La cible évoquée en 2016, donnée à nouveau à titre prévisionnel, était de 1250 exemplaires.

 

Ce marché serait-il à son tour annonciateur d’une éclaircie durable dans le développement capacitaire mouvementé de l’A400M ? Moins médiatisés que les retards en terme d’aérolargage des troupes parachutistes, le volet livraison par air (LPA) n’en était pas moins encore pointé du doigt en juin dernier par le précédent chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Jean-Pierre Bosser. « Cette année, les chiffres en matière de capacités d’aérolargage seront sans doute les plus faibles des trois dernières années car nous sommes au point mort bas, entre la perte des Transall et l’attente de la montée en puissance de l’A400M », avait-il alors déploré lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

 

Conséquence ou non de l’agacement de l’ancien CEMAT, un A400M français a réalisé trois mois plus tard une première livraison par air sur un théâtre d’opérations dans le cadre du dispositif Barkhane. Cette expérimentation menée par le Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) de Mont-de-Marsan, le 1er RTP et la Section Technique de l’Armée de Terre (STAT) avait permis de parachuter 16,3 tonnes de matériel en soutien du groupement tactique désert n°2 (GTD-2).

 

Plus récemment, un A400M de l’Escadron de transport 1/61 « Touraine » a effectué la première opération de ravitaillement depuis le territoire national, déclenchée depuis la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy. Préparée et conduite par le 1er RTP et la brigade aérienne d’appui et de projection, cette mission a permis de délivrer près de 40 tonnes de vivres, eau, carburant et munitions en deux largages au profit du GTD Altor, principalement composé du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP). L’ET 1/61 dispose actuellement de 16 A400M. La prochaine livraison aura lieu au premier semestre 2020, rappelait hier le ministère des Armées. À l’horizon 2025, l’armée de l’Air disposera de 25 A400M. À cette flotte viendront s’ajouter les deux avions de transport tactique C-130J-30 et deux KC-130J réceptionnés entre 2017 et février 2020. Leur mise en service opérationnelle est prévue pour cette année et se concrétisera notamment par une capacité de parachutage de matériel en basse altitude.