Renouveler les petits équipements passe aussi par l’Europe et l’OTAN

(Crédit : Level Peaks Associates)

(Crédit : Level Peaks Associates)


La question du renouvellement des petits équipements des Armées se joue aussi en dehors des frontières de l’Hexagone. Ainsi, la France s’est positionnée sur deux programmes de développement et/ou d’achat lancés cette semaine par l’Agence européenne de défense (AED) et l’Agence OTAN de soutien et d’acquisition (NSPA).

 

Moins médiatisé que les grands programmes structurants, le renouvellement des petits équipements est néanmoins revenu sur le devant de la scène avec la livraison des nouveaux fusils d’assaut HK416 F et treillis F3 puis, plus récemment, par l’adoption du pistolet automatique Glock 17 Gen 5 et du fusil de précision SCAR-H PR. Le sujet est à présent scruté de près par les députés de la commission Défense de l’Assemblée nationale au travers d’une mission d’information sur la « Politique d’achat du ministère des Armées en petits équipements ». Huit auditions ont déjà réalisées en 2020, la dernière en date avec du général Beaudoin, sous-chef d’état-major de l’armée de Terre chargé des plans et des programmes.

 

Un effort qui s’inscrit aussi en dehors du cadre national et se traduit aujourd’hui par l’intérêt de la France pour des dispositifs d’acquisition ou de R&D encadrés par l’Europe et par l’OTAN. Avec un double avantage plutôt évident à la clé : la diminution de la facture finale par la R&D conjointe et la création d’effets de volumes, ainsi qu’un gain en interopérabilité par l’acquisition de matériels – du moins en partie – identiques.

 

À l’échelon européen, l’AED entamait le 24 avril un projet de R&D d’une durée de trois à quatre ans visant à « étudier les moyens d’améliorer la tenue et l’équipement opérationnels des forces armées opérant dans des conditions météorologiques de froid extrême ». Menée par les Pays-Bas en coopération avec la France, la Suède et la Norvège, cette étude aura pour principale finalité de contribuer au développement d’outils en mesure de réduire le risque de traumatismes (engelures, hypothermie, etc) dus au froid extrême tout en augmentant les performances du soldat.

 

Ce projet identifiera les variations dans les normes et procédures nationales afin de développer un guide d’interprétation traduisant le standard principal dans ce domaine, ISO-11079, et étendu aux vêtements et équipements conçus pour cet environnement. Les quatre nations impliquées étudieront également les réactions individuelles face au stress thermique et les besoins nutritionnels spécifiques. Enfin, l’objectif sera aussi de déterminer la valeur ajoutée de l’ajout de capteurs embarqués capables de fournir un monitoring des performances et un soutien personnalisé.

 

Le même jour, la NSPA notifiait un contrat de cinq ans à l’équipementier britannique Level Peaks Associates. Au travers de cet accord, la NSPA sera en mesure de fournir des uniformes de combat et autres équipements individuels aux 24 États composant le « groupe d’utilisateurs d’équipements pour le soldat débarqué » (DSEUG). Hormis les Royal Marines britanniques, les Pays-Bas, la Belgique, la République tchèque, la Grèce, la Norvège, la Pologne, la Slovénie et, bien sûr, la France ont marqué leur intérêt pour ce contrat.

 

« Grâce à la confiance d’un nombre croissant de forces armées alliées, la NSPA a construit une véritable expertise dans la compréhension des attentes des utilisateurs finaux. Avec leur coopération, la NSPA a traduit ces exigences en un cahier des charges à destination du marché et a effectué des évaluations techniques poussées. Ces ressources humaines et techniques ont été mises à contribution avec ce projet important d’uniformes de combat », déclarait le Français Patrick Fesquet, directeur des achats de la NSPA et ancien colonel du commissariat de l’armée de Terre (remplacé en 2010 par le SCA).

 

Implanté de longue date avec le Royaume-Uni pour nation-cadre, le dispositif DSEUG a déjà été activé à plusieurs reprises, notamment en 2017 pour l’acquisition de rations de combat. Grâce aux accords établis avec des fournisseurs tels que Level Peaks Associates, la NSPA est en mesure de satisfaire les armées qui en font la demande avec pratiquement tout l’éventail d’équipements disponibles sur le marché, de l’armement individuel au petits véhicules en passant par les musettes, les systèmes anti-IED et les skis.