L’innovation s’invite à la PCAT 2020

J-2 avant la présentation des capacités de l'armée de Terre 2020 (Crédits : armée de Terre)

J-2 avant la présentation des capacités de l’armée de Terre 2020 (Crédits : armée de Terre)

 

J-2 avant la présentation des capacités de l’armée de Terre (PCAT), qui aura cette année pour thématique : « Une armée de Terre intégratrice pour un engagement de haute intensité ». Derrière une succession de tableaux dynamiques, le volet statique mettra notamment l’accent sur l’innovation, parfois en provenance directe des forces.

 

« En mai dernier était diffusée la Vision stratégique pour l’armée de Terre. Nous sommes désormais dans le temps de l’action », annonce le CEMAT. La preuve sur le terrain avec une série de trois démonstrations dynamiques développant concrètement certains des axes présentés dans la Vision stratégique : vaincre avec Scorpion dans un conflit de haute intensité, « Devancer le fait accompli » avec l’intervention d’une force aéroportée permettant de parer un coup de force stratégique de l’ennemi (le « fait accompli) et « préparation opérationnelle et posture de protection terrestre ».

 

Suivra une heure de présentations statiques concentrant la quasi-totalité des équipements et armements de l’armée de Terre. Outre un poste « Scorpion mêlée » annonçant une nouvelle participation de la Brigade Motorisée belge, l’innovation reçoit un stand armé, entre autres, par le Battle Lab Terre. Aux côtés de programmes largement médiatisés, HIL Guépard et prototype du Serval en tête, ce poste devrait aussi faire la part belle aux solutions provenant de militaires et/ou de petites entreprises françaises. Illustration en quelques exemples, en attendant suite ce jeudi matin.

 

Protection solaire pilote : conçue par un sous-officier expérimentateur de la STAT, cette solution participe à l’amélioration de la conduite du pilote en réduisant le risque d’éblouissement. Adaptée aux VBL, VB2L PC et VB2L PRB, cette protection ne pèse que 1,5 kg pour la version de base et 2 kg pour la version PC, dont l’installation nécessite une entretoise supplémentaire. Une fois déployée, elle n’empêche pas la fermeture de la trappe pilote en cas d’urgence. Le pilote a également la possibilité de rouler avec la protection solaire posée sur le support avant pour permettre la fermeture de la trappe.

 

Kit tir arrière pour MINIMI 7.62 TR adapté aux VBL, VB2L PC et VBL PBR (Crédits : STAT)

Kit tir arrière pour MINIMI 7.62 TR adapté aux VBL, VB2L PC et VBL PRB (Crédits : STAT)

 

Kit tir arrière pour VB2L PRB : la STAT a développé, en coopération avec la TPE Bordelaise Électronique, une interface permettant « le montage du bras support pour MINIMI déjà présent sur les VAB et VBCI ». Cette interface répond à un besoin opérationnel du 2e régiment de hussards pour une amélioration de la fonction agression sur le poste arrière à partir de la MINIMI 7.62 TR. Selon la STAT, la chape support de l’arme a été modifiée en intégrant les différentes contraintes, dont l’élimination des interférences avec les rails Picatinny montés sur l’arme, l’amélioration de la manipulation et le passage du sac à munitions au-dessus de l’articulation principale, et l’ajout de graisseurs sur les pivots du bras afin d’en faciliter la rotation. Ces modifications effectuées, le support reprend les spécificités techniques du modèle d’origine autorisant la fixation d’une protection balistique additionnelle résistante jusqu’au calibre 7.62 mm. « L’adaptation du bras support MINIMI aux MINIMI 7.62 TR Picatinny et sa mise en place sur le VBLL PRB permet à l’équipier d’utiliser son arme collective à l’arrêt mais aussi en roulant », souligne la STAT. Et le ménage par la même occasion en le soulageant des 8,6 kg que pèse ce modèle de mitrailleuse. Ce nouveau bras est également compatible avec la MAG 58, la MINIMI 5.56 et tous types de MINIMI 7.62.

 

Caisse largable à roues : avec cette solution, fini de mobiliser quatre combattants pour le transport d’un colis d’accompagnement largué par parachute ou lors d’un poser d’assaut. L’ajout d’un système de roulettes sur la caisse permet l’emport et le largage de matériel sensible, d’armement collectif (MAG58, MIT 50 avec trépied et munitions), ou de vivres tout en facilitant leur extraction rapide jusqu’en zone de réarticulation après le saut. Roues et poignée ne sont déployées qu’une fois parvenu à terre. La caisse se transforme alors en quelques secondes en « remorque à main » permettant d’acheminer rapidement des armes et des munitions vers un point d’appui. Ici encore, nous retrouvons une entreprise française à la manœuvre. Il s’agit de la TPE jurassienne Baudry, spécialiste du conteneur étanche aérolargable. Le changement d’environnement est assuré, dans le cas d’une opération nautique par exemple, « car cette caisse ne nécessite pas d’adaptation particulière pour passer d’un plan d’eau à terre ».

 

Housse grande capacité pour gaine PARATECH : on reste dans le domaine des troupes aéroportées avec cette housse en tissu résistant taillée aux dimensions maximales de la gaine paratech. Pour éviter d’alourdir leur paquetage sans pour autant « consommer » le matériel à chaque mission, les militaires sont parfois contraints de recouvrir de sable ou de terre les équipements devenus inutiles. Cette « seconde peau » est dès lors pensée pour assurer l’intégrité des matériels sensibles laissés pendant quelques jours sur le terrain, tel que le parachute biplace opérationnel (PBO) non plié donc très volumineux. Sa capacité d’emport est similaire à celle de la gaine PARATECH, de l’ordre de 115 kg.