Belgique: la Défense réduit le plan de vol de ses NH90 TTH

L'un des quatre NH90 TTH de la Composante Air (Crédits: BAF/Bart Rosselle)

L’un des quatre NH90 TTH de la Composante Air (Crédits: BAF/Bart Rosselle)


Confrontée à « un défi extraordinaire dans le domaine des ressources humaines », la Défense belge a annoncé aujourd’hui sa décision de réduire le plan de vol de ses quatre hélicoptères NH90 TTH et de retirer de manière anticipée ses drones B-Hunter. Ces propositions, inscrites dans le cadre du plan de transition chapeauté par le général Thys (ex-LCC), ont été soumises au CHOD et au ministre de la Défense « pour décision ».

 

« Face à cette profonde transformation et ce défi extraordinaire dans le domaine des ressources humaines, une période de reconditionnement est donc impérative. Elle doit permettre de stabiliser, de recruter de nouveaux collaborateurs, d’intégrer de nouvelles capacités, d’investir dans de nouvelles infrastructures en cours de rénovation et de relever les défis futurs avec l’énergie nécessaire », justifie la Défense dans un communiqué.

 

Le budget alloué par le gouvernement devait permettre d’inscrire un total de 1050 heures de vol par an pour les NH90 TTH jusqu’en 2022. Déjà jugé insuffisant, ce quota sera réduit de 40% pour plafonner à 600 heures suite à une « production opérationnelle limitée en raison d’un soutien industriel imparfait (qui menace de diminuer dans les années à venir) en raison de mises à niveau très coûteuses mais nécessaires et de pénuries en personnel ». À l’exception du soutien industriel, ces problématiques entourant le NH90 TTH avaient été relevées dès décembre 2019 dans un rapport de la Cour des comptes. Celui-ci pointait tout particulièrement une DTO complexe à maintenir et l’insuffisance des heures de vol, le second élément repoussant le jalon FOC au minimum à 2022. S’agit-il de mettre à terme cette capacité au placard ? Ou plutôt d’une mesure provisoire avant une remontée en puissance une fois cette phase de transition achevée ?

 

Dans l’immédiat, plusieurs pistes sont à l’étude pour assurer l’appui de la Composante Terre et de la Composante Médicale. Car la baisse de régime de cet unique pion de manoeuvre tactique aura nécessairement un impact durable sur les capacités opérationnelles de ses principaux « clients », les deux bataillons de commandos et le SF Gp. En cas de mise au placard des NH90 TTH, un scénario est aujourd’hui revenu à plusieurs reprise sur les réseaux sociaux, sans pour autant être confirmé par les autorités militaires. Il s’agit d’un retrait pur et simple des NH90 TTH d’ici à trois ans au profit d’un hélicoptère plus petit, moins cher mais aussi moins « capacitaire », à l’image du H145M notamment adopté par l’armée luxembourgeoise. Il pourrait par la même occasion reprendre les missions aujourd’hui dévolues aux A109, pour lesquels il n’existe aucun programme de remplacement. La version TTH désormais en retrait, la Défense se concentrera davantage sur la variante NFH opérée au départ des frégates de la Composante Marine et pour des missions SAR.

 

Quant aux 13 B-Hunter en service depuis 2004, ceux-ci seront retirés du service quatre mois plus tôt que prévu, soit en septembre prochain plutôt qu’en janvier 2021 selon la Vision stratégique. Hormis leur faible disponibilité, ceux-ci ne répondaient plus aux normes et exigences opérationnelles actuelles. Leur retrait anticipé devrait permettre au personnel du 80 UAV Sqn de « se préparer de manière optimale au déploiement prévu en 2023 du MQ-9B SkyGuardian et de renforcer d’autres systèmes d’armes ». Deux systèmes à deux vecteurs et une station sol doivent être acquis prochainement par la Belgique auprès de l’Américain GA-ASI. La signature du contrat, envisagée à l’origine en mai, a dû être reportée à l’été.