Le système de défense sol-air VL MICA a désormais son accord-cadre. Valorisé à plusieurs milliards d’euros, ce dernier devient le vecteur par lequel la France et ses partenaires pourront se fournir auprès de MBDA.
Voilà qui devrait donner de la visibilité aux équipes françaises du groupe européen. Notifié fin janvier mais seulement officialisé ce matin, cet accord-cadre englobe non seulement la livraison de systèmes et de missiles, mais également des prestations non définies, a priori étendues au soutien, à la formation, voire à l’évolution des équipements. Mis bout à bout, les besoins français et des clients étrangers embarqués pourraient atteindre jusqu’à 5 Md€ sur sept ans.
Pour MBDA, l’engagement fixe un cap et soutiendrait un effort d’anticipation en matière de production, un paramètre majeur à l’heure où tout le monde cherche à muscler rapidement sa défense sol-air et les stocks associés. La France en tête, elle dont la loi de programmation militaire actualisée ajoute 8,5 Md€ à la trajectoire initiale au profit des munitions. De quoi, théoriquement, rehausser les stocks de missiles VL MICA et Aster de 30% à horizon 2030 et de 50% d’ici à 2035.
Ce système de DSA de courte portée, les armées en ont perçu deux en urgence en 2024, de quoi entamer la succession de systèmes Crotale NG pour partie cédés à l’Ukraine. Déployée à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, cette capacité initiale était renforcée la même année par l’achat de huit lanceurs supplémentaires et d’un lot de munitions. Lancé l’an dernier, le dernier incrément en date prévoit quant à lui d’ajouter quatre lanceurs, 10 moyens de transport et de chargement des missiles ainsi qu’un « complément de développement » pour l’intégration du futur missile MICA NG.
La livraison de la deuxième tranche de lanceurs n’interviendra qu’après 2027, quand l’armée de l’Air et de l’Espace entend disposer de neuf systèmes d’ici à 2030. C’est donc une bascule importante et rapide qui s’amorce pour les aviateurs. « La disponibilité des systèmes DSA sera mise à l’épreuve par les transitions capacitaires des flottes Crotale NG vers VL Mica, qui poursuivra sa montée en puissance sur la période 2027‑2029 », relève à ce titre un rapport parlementaire portant sur le prochain budget des armées. Et la dynamique, selon la LPM actuelle, devrait se poursuivre pour atteindre 15 systèmes en 2035, acquisitions supplémentaires à la clef.
Selon l’annonce, ce marché sera par ailleurs financé en partie par des fonds de l’Union européenne. Un écho, sans doute, aux crédits octroyés au travers du programme SAFE. Une ligne de crédits de 15,1 Md€ est prévue pour la France. Elle sera notamment orientée vers la défense surface-air. L’accord-cadre devient également un outil par lequel la DGA pourra passer commande au nom et pour le compte d’autres pays, qu’ils soient européens ou non. Il pourrait cette fois s’agir d’intégrer le VL MICA dans le catalogue « FASt », ce mécanisme de « French Acquisition for Strategic Partners » mis en place par la DGA et déjà mobilisé pour le CAESAR, le missile MISTRAL 3, l’hélicoptère Caracal ou encore la famille de radars GM200.
La logique a déjà bénéficié à un pays proche : le Danemark, qui se dotait d’une capacité VL MICA pérenne en passant par la DGA une semaine après que celle-ci ait retenu MBDA. L’investissement a depuis été complété d’un autre portant, entre autres, sur des munitions. Des munitions pour lesquelles la Bulgarie vient de donner son feu vert, Sofia prévoyant de rejoindre le vecteur mis en place côté français pour armer ses futurs patrouilleurs, le tout en misant sur les moyens alloués via SAFE.