Premiers tours d’hélices dans la 4e BAC pour les drones intercepteurs de drones

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Décollage réussi pour le premier drone intercepteur de drones pris en main par la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC). Équipages et télépilotes entameront bientôt une première campagne d’interceptions depuis les airs. 

Voilà un moment que le 3e régiment d’hélicoptères (3e RHC) d’Étain a pris le sujet à bras le corps.  C’est là qu’a atterrit, début 2026, l’intercepteur AST78 du droniste français Asterodyn, l’un des nombreux systèmes dronisés à l’étude dans la 4e BAC et, de manière plus confidentielle, au 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (4e RHFS). Les autorisations en main, le Grand 3 travaille depuis lors à intégrer l’AST78 dans la boucle des réflexions.

Deux télépilotes sont désormais formés au régiment. Entamées depuis la terre ferme, les expérimentations se sont poursuivies dans les airs depuis deux machines, la Gazelle et le Caïman. Résultat : 40 heures de vol au total et des télépilotes visiblement convaincus. « Il y a 18 mois encore, nous pensions que ce serait impossible », nous explique l’un d’eux à l’occasion de la Présentation de l’armée de Terre, organisée la semaine dernière à Paris. 

Les scénarios se succèdent, l’un d’eux ayant conduit à faire naviguer un AST78 et une Gazelle côte-à-côte durant 12 km et avec des pointes à 280 km/h. Ils se poursuivront pour déboucher sur un jalon majeur à l’entame de 2027 : de premiers essais d’interception contre un drone à voilure fixe sur l’île du Levant, ce centre de DGA Essais de missiles régulièrement mis à profit pour la lutte anti-drones. L’occasion de s’entraîner au largage en vol, mais aussi de s’acclimater avec la procédure et d’apprendre à s’aligner sur la cible. 

« Cela reste de l’expérimentation », insiste-t-on au sein du 3e RHC, mais la crise au Proche et au Moyen Orient a bel et bien accéléré la prise en compte de toutes les voies possibles pour ce qui est du bouclier anti-drones. Sans éluder un lancement « classique » depuis le sol, l’emport d’intercepteurs par un hélicoptère amènerait un surplus de portée appréciable et complémentaire du missile MISTRAL 3, du canon de 30 mm du Tigre et des mitrailleuses de sabord.

Après plusieurs mois de prise en main, l’AST 78 s’avère être « un très bon matériel, mais qui ne demande qu’à évoluer ». Certaines améliorations sont directement accessibles. Tel que présenté à Paris, l’AST78 atteint jusqu’à 300 km/h. Une inclinaison plus aiguë des hélices permet par contre de chasser plus d’air, de pousser jusqu’à 400 km/h et d’aller chercher d’autres cibles, dont du drone Shahed ou certaines aéronefs habités. 

Le pilotage immersif (FPV) étant requis au vu de la manoeuvrabilité demandée pour « taper » un objectif, l’ajout d’une IA, voire des améliorations sur la voie optique sont au rang des priorités. Le tout participerait à alléger quelque peu la charge du télépilote en matière de désignation et de suivi d’objectif, notamment. Sans oublier la captation des bonnes idées et des retours d’expérience venus d’ailleurs. Du Royaume-Uni, par exemple. Le 3e RHC y est parti pour une séquence d’échanges de bons procédés entre deux forces aéromobiles qui ont bel et bien pris le tournant de la dronisation.

Crédits image : Asterodyn