Eurosatory 2026 : un pied dans la robotique de combat pour l’armée de Terre

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La Direction générale de l’armement (DGA) sonde officiellement le marché de la robotique terrestre. Une demande d’informations est sur les rails depuis cette semaine, premier pas vers l’acquisition d’une centaine de plateformes armées en plusieurs tranches, apprenait-on aujourd’hui à l’occasion du salon Eurosatory.

À roues ou à chenilles, moins de 3 tonnes, une autonomie d’au moins 24h, une vitesse supérieure à 50 km/h, un temps de déploiement inférieur à 5 minutes en mission, la résilience en environnement GNSS brouillé, un tourelleau téléopéré et une empreinte humaine limitée à 2 personnels : voilà peu ou prou les grandes caractéristiques de ces « plateformes polyvalentes terrestres de combat » (PPTC) auxquelles s’intéresse la DGA. 

Leur mission ? Accroître la capacité d’agression des unités d’infanterie médianes dans le cadre du combat débarqué. Plus de puissance de feu sans mobiliser ni exposer davantage de combattant, voilà la principale finalité d’un système également taillé pour reconnaître et éclairer des fantassins demandeurs d’un armement collectif plus « musclé ». C’est pourquoi le futur PPTC pourrait accueillir jusqu’à un canon de 30 mm. Pas question de perdre du temps en développement, seules seront prises en compte des solutions directement disponibles ou ne nécessitant qu’une adaptation à la marge.

Ni appel d’offres, ni promesse d’achat, cette DI s’inscrit dans un effort lancé il y a près d’une décennie. Son origine, c’est ce projet de science et technologie (PST) FURIOUS confié en 2018 à Safran Electronics & Defense. Il aura permis à la DGA d’explorer un domaine alors encore naissant et de définir les principaux contours d’une future capacité. La suite s’inscrit désormais dans un programme à effet majeur « robotique terrestre » engagé en novembre 2025. Il s’appuie depuis lors sur l’accord-cadre DROIDE, confié un an plus tôt à KNDS France et Safran E&D. Plusieurs robots français et étrangers y sont depuis mis à l’épreuve par la Section technique de l’armée de Terre (STAT). 

D’autres jalons devraient être franchis en 2026. L’expression initiale de besoin avait été écrite dès 2022. Son actualisation est en cours à l’initiative de l’infanterie. Un document unique de besoin devrait ensuite émerger d’ici la fin de l’année. La démarche se poursuivra en deux temps. Pour mettre au plus vite le pied à l’étrier, l’armée de Terre prévoit l’acquisition d’une capacité intermédiaire de 24 plateformes livrées à compter de 2028. Si la filière française ne manque pas d’arguments, l’armée de Terre ne s’interdit pas de miser sur une solution étrangère. Une seconde tranche de 72 unités supplémentaires se matérialisera par la suite. Réceptionnée à partir de 2031, celle-là bénéficiera d’un délai supplémentaires permettant cette fois de s’orienter vers des systèmes souverains. De KNDS à Arquus et de Soframe à UNAC, la perspective ne devrait pas manquer d’attirer l’attention d’acteurs déjà mobilisés dans le cadre d’un autre programme.  

Le programme bénéficiera au passage des apports du projet PENDRAGON piloté par le Commandement du combat futur (CCF) et l’Agence ministérielle pour l’IA de défense (AMIAD). Ici, la focale ne porte pas tant sur les plateformes que sur leur capacité à collaborer efficacement dans le cadre d’une mission donnée. Les travaux se concentrent donc sur l’architecture C2 ouverte et sur les algorithmes de l’AMIAD qui y seront injectés. Loin de se limiter à l’appui, le champ d’applications pourra s’élargir à la logistique, à la lutte antichar ou encore au soutien médical. Le tout, sans s’écarter de l’enjeu central et non négociable de conservation de l’homme dans la boucle de décision. Les sprints successifs visent à faire émerger une première unité robotisée de combat (URC) à l’été 2027. Une deuxième suivra en 2035. 

Crédits image : KNDS