Eurosatory 2026 : retour en terrain militaire pour la MTO de MBDA et Novadem

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La munition téléopérée Akeron RCX50 conçue par MBDA et Novadem sera mise à l’épreuve les armées françaises, résultat d’un contrat d’expérimentation notifié par la Direction générale de l’armement (DGA). De quoi vérifier in situ des capacités consolidées au cours des dernières années.

La demande était remontée des forces : « quelques exemplaires » de cette MTO de courte portée leur seront confiés à des fins de formation, d’expérimentation et d’évaluation des performances, nous expliquait la DGA mi-juin au salon Eurosatory. La manoeuvre ne se limite pas à la Section technique de l’armée de Terre (STAT). Elle bénéficiera également à la Marine nationale, dotée d’une solution similaire qu’elle déploie désormais en mer Rouge. 

Ni MBDA, ni la DGA ne détaillent davantage ce contrat mais, pour l’industriel, c’est aussi le fruit de deux années de développement supplémentaire. Le programme MTO CP lui avait préféré la munition Damoclès de KNDS France et Delair. Pas de quoi refroidir MBDA, qui s’est donné les moyens d’achever le processus. « Nous y croyions vraiment, c’est pourquoi nous avons continué en auto-financement, en interne et avec Novadem », indique le groupe européen. En découle une évolution complète du SPHINX, ce démonstrateur hérité de l’appel à projets Colibri conduit par l’Agence de l’innovation de défense (AID).

Désormais prêt pour « une production en grande série », l’Akeron RCX50 promet jusqu’à 10 km de portée et une heure d’autonomie. Il embarque « une petite charge creuse pour faire de l’anti-véhicule, de l’anti-blindé léger », précise MBDA. Intégrée dans le nez du vecteur, sa tête est par ailleurs dotée d’une couronne d’éclats pour élargir l’effet à de l’anti-personnel.

Cette « munition du fantassin » a bien évolué depuis SPHINX. Quand ce dernier était basé sur les briques du drone NX70 Block 2 de Novadem, l’Akeron RCX50 intègre plusieurs technologies devenues entre temps indispensables et préfiguratrices ce que sera un NX70 de troisième génération. C’est le cas de la navigation hors-GNSS. Le droniste aixois a pour cela misé sur l’odométrie visuelle couplée à une centrale inertielle « maison ». Celle-ci provient en droite ligne du programme européen MARSEUS, piloté par MBDA France et officiellement clôturé le mois dernier. 

La liaison radio a elle aussi été renforcée. La nouvelle amène six bandes de fréquence au lieu des deux bandes civile et militaire jusqu’alors à disposition. De quoi, une fois couplé à un saut de fréquence intelligent (ou smart frequency hopping), augmenter la résistance au brouillage adverse. L’imagerie, ensuite, a été rehaussée au dernier standard. Trois années de travaux n’auront pas été de trop pour muscler le zoom et la DRI (détection-reconnaissance-identification). Pour celle-ci, les performances ont été quadruplées par rapport au Block 2. Novadem mise au passage sur une production totalement souveraine. Le capteur thermique Flir, d’origine américaine, est cette fois écarté au profit d’une solution 100% française fournie par Lynred. L’effort ajoute deux cordes à l’arc de l’Akeron RCX50. Hormis l’effet cinétique, il sera en mesure de renseigner et de désigner une cible au profit d’un missile antichar Akeron MP ou de l’artillerie. 

MBDA est toujours en attente d’un premier contrat de production pour son Akeron RCX50. L’avenir dira si l’intérêt français se confirme. Et si le programme MTO CP demeure focalisé sur la commande d’autres tranches pour des munitions Damoclès, le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire devrait permettre de quadrupler le parc des armées entre 2026 et 2030 tous segments confondus. Rien n’est donc écarté pour la suite, à l’heure où MBDA compte bien rebondir sur le succès initial remporté l’an dernier avec sa munition Deluge.

Si la MTO Deluge répond au besoin pour la longue portée, l’Akeron RCH170 est officiellement en lice pour un troisième segment : celui de la moyenne portée. Issu de l’appel à projets Larinae et dérivé du démonstrateur MUTANT, l’Akeron RCH170 est l’objet d’une « première offre » remise en partenariat avec Delair et KNDS France. Partenaire de longue date, le premier fournit le vecteur. Le second, également mobilisé pour Larinae mais au sein d’un autre duo, amène la charge militaire. MBDA France le guidage, la navigation, le traitement d’image et la maîtrise d’oeuvre. Les savoir-faire historiques en matière de missile ont été mis à profit, notamment en matière de sécurité d’armement. Résultat : 80 km de portée, une heure d’autonomie et une charge qui permettra de traiter différentes cibles, que ce soit du blindé, du personnel ou certaines infrastructures. 

Cet appel d’offres « MTO MP » devrait déboucher d’ici la fin de l’année. Il concrétise le troisième incrément du programme à effet majeur (PEM) Drones de contact, auquel a été affecté une ligne de plus de 500 M€ dans le budget des armées. La compétition demeure, à l’instar des programmes MTO CP et LP, franco-française et à vocation interarmées. D’autres s’intéressent en effet à une solution qui, dans l’armée de Terre, serait avant tout fléchée vers l’artillerie et la cavalerie. 

Crédits image : MBDA