Des liens resserrés entre dronistes français et suédois

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Après Airbus, MBDA et le droniste ukrainien General Cherry, au tour du suédois Frost Unmanned de se rapprocher de la startup française Alta Ares. Les deux entreprises viennent d’officialiser un accord visant au développement conjoint d’un nouveau drone multimission. 

Combiner la plateforme suédoise Tracer-160 à des capteurs et systèmes de communication et de guidage de pointe pour des missions de reconnaissance et de frappe, voilà l’objectif d’un accord de partenariat signé cette semaine à Gothenburg en présence du ministre de la Défense suédois, Pål Jonson. Modulaire et mû par un turboréacteur, le drone Tracer-160 est conçu pour emmener une charge utile de 4 kg jusqu’à 200 km à une vitesse moyenne de 150 km/h.

Le marché initialement visé par ce futur système franco-suédois ? L’Ukraine, un allié auquel Stockholm vient d’allouer une nouvelle enveloppe de 24 M€ pour consolider en priorité son bouclier anti-aérien face aux attaques russes. 

Derrière l’Ukraine, le tandem industriel établit également les bases pour de futures co-entreprises au sein du marché européen et au-delà. « Nous sommes impatients de contribuer, grâce à notre technologie de pointe, au développement de nouvelles capacités de défense suédoises et européennes modernes. Nous constatons un très vif intérêt de la part de nos clients du secteur de la défense, notamment dans les pays de l’OTAN en Europe du Nord », déclarait à ce titre le PDG de Frost Unmanned, Kris Moell.

« Cet accord est un autre exemple de la manière dont des entreprises suédoises petites et agiles travaillent avec d’autres partenaires européens pour développer des capacités de défense dans de nouveaux segments importants, et de la qualité du développement des relations franco-suédoises ces dernières années », a déclaré Pål Jonson. 

L’annonce intervient à l’heure où démarre une séquence particulièrement dense pour la coopération franco-suédoise. D’une part, un équipage de l’escadron de transport 2.64 Ventoux d’Evreux s’est rendu dans le sud de la Suède pour y conduire un exercice de décollage et d’atterrissage sur autoroute. Un exercice peu commun pour le CASA CN-235 déployé et qui « répond à une réalité stratégique : garantir la continuité des opérations, y compris dans le cas où nos infrastructures aéronautiques sont dégradées », expliquait ce matin le ministère de Armées lors de son point presse hebdomadaire. 

« Cet entraînement confirme également l’accélération et l’approfondissement de la coopération entre nos deux pays, nos deux armées », poursuivait le ministère des Armées. Elle sera encore renforcée d’ici peu car, d’autre part, le président de la République est attendu lundi prochain en Suède par le le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson. Tous deux assisteront notamment à la cérémonie de signature pour l’acquisition de quatre frégates FDI au profit de la marine suédoise. L’occasion pour la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue suédois d’entériner un accord-cadre dont l’enjeu sera de resserrer les liens sur les plans opérationnel, industriel et capacitaire, autre jalon d’un partenariat stratégique qui fêtera ses 10 ans d’existence en 2027. 

Crédits image : Frost Unmanned