Sept pays dont la France vont mettre leurs flottes d’avions de transport A400M en commun, annonce ce matin l’OTAN à l’entame d’un sommet de deux jours à Ankara. Parmi eux, deux restent pour l’instant des clients potentiels pour Airbus.
Si aucun chiffre ni calendrier n’est précisé, ce nouveau projet à haute visibilité (HVP) vise un but clair, celui de combler une lacune européenne en matière de transport stratégique et, in fine, de diminuer la dépendance envers les moyens américains. « Grâce à l’Airbus A400M, l’OTAN et les forces des pays de l’Alliance gagneront en flexibilité opérationnelle et pourront procéder plus facilement au déplacement des moyens militaires sur tout le territoire de l’Alliance, et ce en temps de paix comme en période de crise ou de conflit », déclarait ce matin l’OTAN.
Ce pool s’inspirera de la logique adoptée pour la flotte multinationale d’A330 MRTT (MMF) dans les airs depuis 2020. Hormis l’intégration de la Finlande, les pays concernés s’apprêtent à mettre à disposition le dixième des 12 A330 MRTT attendus avant 2030. Celle construite autour de l’A400M récupère le concept de mutualisation et de partage d’une flotte commune, notamment synonyme d’économies d’échelle.
« Les Alliés participants pourront également coopérer dans des domaines tels que les acquisitions en commun, le soutien logistique ou encore la formation », précise l’OTAN. Clients de lancement, la France, la Belgique, la Türkiye, l’Espagne et le Royaume-Uni alignent ensemble près de 80 appareils, tout reste à construire pour la Croatie et la Pologne.
Si l’intérêt croate est une surprise, celui de la Pologne ne date pas d’hier. Les discussions pour l’achat d’A400M et d’A330 MRTT remontent au moins à l’été dernier. Fin juin, une délégation polonaise est par ailleurs venue visiter les installations espagnoles dédiées à ces deux appareils. « Les capacités de ravitaillement en vol, d’évacuation sanitaire et de transport de troupes sont absolument critiques », avait alors déclaré le ministre de la Défense nationale polonais, Władysław Kosiniak-Kamysz.
« La multiplicité des crises et leur rapidité de déclenchement impliquent une vraie capacité de projection », relevait mi-avril le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général Jérôme Bellanger. C’est pourquoi six exemplaires ont été ajoutés aux 35 jusqu’alors attendus pour 2030. Le Global Deal A400 signé en 2024 avait permis d’entrevoir au moins 37 A400M en service pour la fin de la décennie. Une lettre d’intention actée l’an dernier avec l’Espagne a rehaussé cet objectif à au moins 41 appareils, une accélération qui permettra au passage d’anticiper le retrait d’avions C-130H « dont le coût de possession a fortement augmenté ».
Paris a profité du sommet otanien pour officialiser sa participation à d’autres initiatives. Ainsi, la France rejoint également le programme NATO Flight Training Europe (NFTE), mécanisme qui sera étendu à l’entraînement des télépilotes de drones. Les armées françaises bénéficieront à leur tour d’un accès aux 16 centres d’entraînement installés parmi huit pays. Avec cinq autres nations, la France a également dévoilé un nouvel HVP cette fois consacré aux frappes de précision terrestres dans la profondeur. Elle n’a par contre pas rejoint l’effort entamé par neuf pays pour le développement d’un prototype d’obus de 155 mm « générique ».
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