Un nouveau partenariat d’innovation vient d’être lancé au profit des forces, cette fois par l’entremise du Service du commissariat des armées (SCA). Son objet ? La protection individuelle des combattantes.
De la frappe longue portée au drone intercepteur et de la ration de combat à, désormais, le gilet balistique modulaire féminin : le partenariat d’innovation est de plus en plus mobilisé par les armées. Lancé fin juin, ce nouvel exemple conserve la mécanique adoptée auparavant, à savoir un accompagnement dans le développement de plusieurs solutions en parallèle et la conduite d’essais potentiellement éliminatoires, le tout suivi d’un éventuel passage à l’échelle.
Ce partenariat se limitera quant à lui à deux étapes et autant de tranches. L’une, ferme et limitée à 24 mois, pour des travaux de R&D allant des études à la qualification. L’autre, optionnelle et potentiellement conclue pour sept ans, sera affermie en cas de succès et débouchera sur l’acquisition des équipements développés.
Si le SCA ne détaille pas le volet technique, de 10 000 à 60 000 nouveaux gilets pourraient être acquis au travers d’une enveloppe estimée à plus de 50 M€. Seuls trois à cinq candidats seront invités à soumettre et négocier une offre en vue d’un marché potentiellement engagé au printemps 2027.
L’enjeu n’est pas neuf. Avec de plus de 17% de femmes dans leurs rangs hors agents civils, les armées françaises sont parmi les plus féminisées au monde. Plusieurs initiatives émergent donc pour adapter l’équipement individuel et améliorer le confort et la liberté de mouvement. Deux d’entre elles sont apparues à l’occasion du salon Eurosatory, organisé le mois dernier à Paris.
L’Agence de l’innovation de défense (AID) et l’armée de Terre profitaient ainsi de l’occasion pour dévoiler KALI, ce « Kit pour l’Adaptation de L’Interface corps / gilet pare-balles » lui aussi issu d’un partenariat d’innovation. Initié en juillet 2025 avec une phase de développement et d’essais de cinq mois, KALI permettra de réduire l’inconfort notamment par un meilleur amorti et une meilleure répartition des points de contact douloureux. Ce projet porté par Racer et le bureau d’études Tramexia doit théoriquement déboucher dès cette année sur une phase d’acquisition et de déploiement dans les forces.
Un trio franco-français formé par Protecop, Apollinaire Composites Technologies et Tibeka a pour sa part misé sur Eurosatory pour mettre en avant un prototype de protection balistique adaptée à la morphologie féminine. Si KALI semble focalisé sur l’adaptation des équipements existants, l’avenir dira si l’un ou l’autre des acteurs cités parvient à s’adosser au programme à venir.
Crédits image : EMA COM