L’armée britannique aura son Battle Lab en 2021

Un robot THeMIS expérimenté par l'armée britannique lors de l'Army Warfighting Experiment 2018 (Crédits : Milrem)

Un robot THeMIS expérimenté par l’armée britannique lors de l’Army Warfighting Experiment 2018 (Crédits : Milrem)

 

Un an après la création du Battle Lab Terre côté français, l’armée britannique se dotera elle aussi d’un outil aux objectifs globalement identiques : capter, évaluer, expérimenter et, éventuellement, déployer les idées innovantes issues d’acteurs civils ou militaires.

 

Cette nouvelle structure relève d’un projet plus vaste de conception d’un « Defense Innovation Centre » dans le Dorset (sud-ouest du Royaume-Uni) grâce à un investissement de 6,3 M€ octroyé par le ministère de la Défense et les autorités locales. Ce centre sera construit dans le Dorset Innovation Park, zone d’entreprise reprenant des principes d’exonérations fiscales identiques à ceux appliqués en France pour les AFR, ZRR et autres zones de restructuration de la défense (ZRD). Principal cluster technologique du comté, ce « Park » installé sur 53 hectares regroupe déjà quelques grands acteurs du secteur de la défense, tels qu’Atlas Elektronik et QinetiQ.

 

Leader du projet, l’armée britannique a choisi de nommer son espace l’« Army BattleLab ». Celui-ci permettra aux utilisateurs finaux de travailler de front avec les institutions académiques, les maître d’oeuvres et PME britanniques afin de développer les idées et d’affiner les technologies susceptibles d’être commercialisées. L’Army BattleLab sera opérationnel d’ici le printemps 2021 et pour une durée d’au moins 15 ans. À terme, il fournira plus de 1500 m2 d’espaces de bureau et d’expérimentation. Il comprendra également un atelier d’ingénierie et des salles de conférence ou de travail collaboratif ouvertes à l’ensemble des entités du ministère de la Défense. Selon l’armée britannique, les 10 premières années d’activité devraient faciliter la création de 90 emplois et générer 4,5 M€ de revenus à l’économie locale.

 

En France, ce type de laboratoire est en cours d’installation depuis plus d’un an sur le site versaillais de la STAT, l’objectif de rendement commercial en moins. Catalyseur de l’ « écosystème innovation » de l’armée de Terre, le Battle Lab Terre doit créer des liens entre les différents acteurs afin de détecter, relayer et encourager les idées novatrices. Il dispose pour cela d’un réseau de référents innovation présents dans toutes les formations de l’armée de Terre.

 

Nul projet d’infrastructures ambitieux et coûteux pour le Battle Lab Terre, mais plutôt quelques bâtiments modulaires installés à Satory et dont la location et la maintenance ont été confiées en août 2019 à la PME Altempo pour 615 000€. Une seconde phase prévoit le doublement de la capacité d’accueil, aujourd’hui limitée à 24 postes de travail. De fait, le Battle Lab Terre employait 15 personnes en 2019 et en comptera 30 l’an prochain.

 

Bien qu’étant toujours en phase de montée en puissance, le Battle Lab Terre compte déjà quelques réalisations à son actif. Dernièrement, il a ainsi mené une expérimentation centrée sur les technologies de réalité virtuelle en coordination avec l’Agence de l’innovation de défense (AID) et Thales. Baptisée « Virtual Map », cette expérience avait ainsi permis d’identifier les avantages et inconvénients de l’usage d’outils virtuels dans le cadre du travail collaboratif de préparation d’une mission.