Florence Parly à Zagreb, aussi pour défendre le FED

La ministre des Armées Florence Parly en voyage au Sahel en compagnie de l'ex-ministre de la Défense allemande, Ursula von der Leyen, devenue présidente de la Commission européenne (Crédit : Twitter/Florence Parly)

La ministre des Armées Florence Parly en voyage au Sahel en compagnie de l’ex-ministre de la Défense allemande, Ursula von der Leyen, devenue présidente de la Commission européenne (Crédit : Twitter/Florence Parly)

 

La ministre des Armées Florence Parly se rendait les 4 et 5 mars à Zagreb (Croatie) pour une réunion informelle des ministres de la Défense européens. Parmi les sujets à l’agenda, le lancement d’une nouvelle opération au large de la Libye, le renforcement de la posture européenne au Sahel, mais aussi une Coopération structurée permanente (CSP/PESCO) dont le volet budgétaire reste partiellement menacé.

 

C’est malheureusement presque acquis : la défense perdra des plumes avec le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 de l’Europe, plombé par le trou de 60 à 75Md€ engendré par le Brexit. Les dernières projections évoquent notamment la disparition des 6,5Md€ alloués à l’origine pour la mobilité militaire européenne, pourtant l’un des premiers projets lancés dans le cadre de la CSP. L’incertitude reste par ailleurs de mise concernant le sort réservé au Fonds européen de défense (FED), pour l’instant réduit de moitié à 7Md€.

 

Dès lors, certains pays partent en croisade pour sauver les meubles. À commencer par la France, fervente défenseuse d’une augmentation des investissements de défense et de sécurité de l’Union européenne. Dans un communiqué diffusé hier, le ministère des Armées insiste par deux fois sur l’objectif de « concrétisation des engagements » de la CSP. Entre autres initiatives lancées de ce cadre, il est primordial de défendre « un budget ambitieux pour le Fonds européen de défense (FED), dont le règlement devrait aussi être finalisé dans l’année, » ajoute le ministère.

 

« Nous devons défendre une vision ambitieuse pour une Europe souveraine, disposant d’une pleine autonomie d’appréciation et d’action, tant dans les domaines opérationnels que technologiques, » a complété la ministre des Armées hier sur son compte Twitter.

 

La dernière proposition budgétaire en date, soumise le 27 février par la Commission envisage un plafond de 1,069 % ou 1,07 % du PIB européen pour financer le CFP 2021-2027. Bien loin du niveau d’ambition défendu par le président de la République Emmanuel Macron le mois dernier en Allemagne lors de la conférence de Munich sur la sécurité. « À horizon 10 ans, je vois une Europe qui aura construit des leviers pour bâtir sa souveraineté technologique, de sécurité et de défense, » déclarait-il alors.

 

Pour le chef de l’État français, les débats menés au Conseil n’ont pour but principal que de « savoir si on aura un budget à 1,06, 1,07, 1,08 % du PNB européen (…) ». « Ça n’est pas à la hauteur de tout ce qui est à faire, » continuait-il, citant une Chine qui « investit massivement » et un gouvernement américaine « qui investit sur sa défense, qui investit sur sa technologie et qui investit sur des choix d’avenir ». Trois semaines plus tard, la ministre des Armées prend le relais en Croatie pour convaincre les homologues dont l’exécutif prône la frugalité financière.

 

Quel que soit le résultat obtenu aujourd’hui, l’épidémie de coronavirus pourrait bel et bien ralentir, voire paralyser l’effort en cours. Hier, un premier cas positif a été détecté au sein de l’Agence européenne de défense, forçant l’organisme à annuler toutes ses réunions jusqu’au 13 mars. Qu’un seul délégué présent à Zagreb soit contaminé et c’est tout le microcosme de la défense européenne qui pourrait se retrouver confiné avec certainement d’autres priorités immédiates que le budget militaire de l’UE.