Feu vert politique pour la TF Takuba

GCP et GCM français déployés dans le Liptako (nord du Niger) lors de l'opération Aconit (Crédit : EMA/MinArm)

GCP et GCM français déployés dans le Liptako (nord du Niger) lors de l’opération Aconit (Crédit : EMA/MinArm)

 

La Suède en avait annoncé la couleur quelques heures avant la diffusion d’un communiqué conjoint : la Task Force Takuba est devenue hier une réalité, du moins politique. Onze pays ont officiellement acté la création de cette unité de forces spéciales européennes à l’issue d’une audioconférence avec les ministres de la Défense malien et nigérien.

 

« Une approche intégrée robuste est nécessaire pour inverser les tendances négatives actuelles et traiter les causes profondes de l’instabilité au Mali et dans la région du Sahel, » ont souligné les pays concernés dans une déclaration commune. « La Task Force Takuba pourra, de par sa structuration, agir rapidement et s’adapter face à l’évolution de la menace représentée par les groupes terroristes. Elle jouera un rôle clé dans l’autonomisation rapide des forces armées locales ». Cette future unité conseillera et accompagnera les forces maliennes au combat, essentiellement dans la région transfrontalière du Liptako Gourma. Elle agira en coordination avec les partenaires du G5 Sahel, la MINUSMA et les missions européennes EUTM Mali, EUCAP Mali et EUCAP Niger.

 

Les contributions sont déjà connues depuis un moment, au gré des annonces nationales. Elles seront fournies par la Belgique, le Danemark, l’Estonie, la France, les Pays-Bas, le Portugal, la République tchèque et la Suède. Un processus de validation est toujours en cours pour les deux derniers. Côté suédois, la décision parlementaire devrait intervenir autour du 13 mai.

 

Contrairement à ce que ce communiqué et certains médias pourraient laisser croire, la République tchèque a bel et bien l’intention d’y participer et l’a rappelé dans une déclaration officielle. « La République tchèque a informé par téléconférence de l’approbation de la proposition d’envoi des troupes tchèques à la TF Takuba par le gouvernement (…) et de l’état des négociations de cette proposition par le Parlement tchèque, dont le consentement est nécessaire pour l’envoi de soldats tchèques, » affirmait hier la Défense tchèque. À ces détachements vient s’ajouter le soutien politique de l’Allemagne, de la Norvège et du Royaume-Uni.

 

La TF Takuba devrait atteindre sa capacité opérationnelle initiale (IOC) « à compter de l’été 2020 » et sa pleine capacité opérationnelle (FOC) au début de l’année prochaine, donc une glissade de quelques mois par rapport à l’objectif automnal envisagé jusqu’alors.

 

L’ampleur et la nature du futur dispositif n’ont pas été précisées, probablement en raison des processus parlementaires en cours. Dans l’immédiat, il faut dès lors pronostiquer à partir des chiffres avancés par les différents ministères ces derniers mois. Plus de la moitié d’entre-eux a déjà globalement défini l’envergure maximale de leur contribution. Soit, 150 (+100 en réserve) pour la Suède, 60 pour la République tchèque et une quarantaine pour l’Estonie. La Belgique et les Pays-Bas enverront respectivement trois et « un ou deux » officiers de liaison au sein de l’état-major de la force, à Gao.

 

« Les Pays-Bas n’enverront pas de troupes en raison de l’indisponibilité des capacités de forces spéciales. Cela est dû aux déploiements actuels en Irak et en Afghanistan jusqu’au début de l’année 2022. D’autres capacités dans les domaines du transport ou de l’évacuation médicale ne sont également pas disponibles, » avançait ce vendredi le ministère de la Défense néerlandais. Le flou subsiste quant à l’étendue des participations de la France, du Portugal et du Danemark.