Un premier système de drones tactiques légers (SDTL) est en phase d’atterrissage dans l’armée de Terre : le DT61 de Delair, ce drone que le 61e régiment d’artillerie fera défiler le 14 juillet prochain sur les Champs-Élysées.
C’est l’un des deux drones sortis gagnants des expérimentations « à coût limité » conduites par les armées pour progresser dans la recherche d’un SDTL. Cinq systèmes avaient été commandés en 2024 et 2025 auprès de Delair, Survey Copter (Airbus), Atechsys (groupe DCI), EOS Technologie et Safran Electronics & Defense. Le principe était simple. Chaque solution a été mise à l’épreuve par une unité conventionnelle ou spéciale de l’une des trois armées. C’est ici que le 61e RA semble être entré en scène. En cas de succès, un premier système à deux vecteurs pouvait alors être livré aux forces. Seuls deux candidats ont réussi l’examen : Delair et son DT61 et Survey Copter et son Airbus U050 Capa-X.
Acquis au travers de la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé), le DT61 est officiellement apparu en juin 2025 au salon du Bourget. Sa particularité, hormis une autonomie de 7 h et une portée de 100 km ? L’emport simultané de deux charges utiles, rappelle la STAT. L’opérateur pourra, au choix, combiner un capteur optronique pour du renseignement d’origine image (ROIM), différentes charges de renseignement d’origine électromagnétique (ROEM), ou encore un radar à synthèse d’ouverture (SAR) doté d’un mode de suivi des cibles terrestres mobiles (GMTI).

Le système initial sera évalué par les spécialistes de la Section technique de l’armée de Terre (STAT) après l’été, nous précisait-on durant Eurosatory. Il servira dans les forces à compter de 2027. Au sein du 61e RA, il viendra compléter un panel dont le segment « haut » était jusqu’alors occupé par un drone DT46 également fourni par Delair. Les dronistes sont désormais en attente d’un contrat pour une dizaine de vecteurs supplémentaires, dont certains pourraient atterrir ailleurs qu’à Chaumont. Cette commande était, durant Eurosatory, encore dans les mains de la Direction générale de l’armement (DGA).
Reste à voir comment s’articuleront les prochaines phases du sujet SDTL. Le besoin des armées demeure intact, nous confirme-t-on. L’expérimentation réalisée en amont était – attention – la première étape de l’incrément 2 du programme à effet majeur Drones de contact. L’étape 2.2 a bien été mentionnée pour la première fois il y a quelques mois, mais sans davantage de détails quant à son envergure et son calendrier. Une partie de la réponse tiendrait dans cet appel d’offres lancé en février dernier pour des « Systèmes de Drones Légers de Renseignement d’Appui Tactique » (ou SDLRAT). Tekever est attendu dans les starting-blocks avec son drone AR3. Le droniste portugais met les petits plats dans les grands pour convaincre le client français. Installé à Toulouse et Cahors, il vient notamment de porter à 200 M€ son investissement prévu en France.