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Eurosatory 2026 : le CAESAR s’est peut-être trouvé un fils adoptif

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Après le CAESAR, place à l’OCTAVIUS. Dévoilé à Eurosatory par KNDS, cet autre système d’artillerie « impérial » propose cette fois de mettre en mouvement le canon de 105 mm de la branche française.

Dépassé, le 105 LG ? Développé il y a près d’un quart de siècle, le canon français est loin d’avoir dit son dernier mot. Près de 200 exemplaires ont été vendus à une dizaine de pays toutes générations confondues. Une centaine d’autres sont en commande ou font l’objet d’une prospection. L’intérêt pour ce calibre persiste, de quoi pousser KNDS à plancher sur quelques améliorations. Léger, fiable, simple d’emploi… « il n’y a rien à moderniser sur le canon. L’évolution, c’est la mobilité », constate-t-on dans les rangs de KNDS France. Le 105 LG trouvant toujours acquéreur, « pourquoi ne pas le monter sur un camion ? ». La filiation avec le CAESAR est assez évidente, à l’heure où la modernisation de ce « grand-oncle » de 155 mm passe uniquement par un nouveau châssis.

Baptisée OCTAVIUS, l’idée est dans les cartons depuis deux ans. Les savoir-faire existent. Certains ont été mobilisés cette année pour conduire une étude d’architecture à partir d’un châssis numérique « maison ». Quelques mois auront suffi pour dimensionner les pièces d’interface et des simulations. « Cela nous a permis d’identifier les points durs et le processus d’ingénierie », souligne KNDS. Des plans existent, socle nécessaire pour une éventuelle intégration sur un porteur externe. Bref : « on sait sur quels véhicules on pourrait l’intégrer ».

Qu’importe la plateforme retenue, « le prérequis, c’est d’avoir les mêmes performances que le 105 LG tracté ». La mise en batterie serait certainement plus rapide et source d’économie d’énergie pour les servants. L’automatisation partielle permettrait de diminuer l’équipage, théoriquement réduit à trois servants contre cinq pour la version tractée. La cadence de tir ne change pas : 12 coups par minute en théorie, mais une équipe bien rodée peut atteindre 18 coups par minute. Un petit exploit que des artilleurs belges ont réalisé il y a une décennie lors d’une démonstration. La séquence avait alors fini de convaincre un client asiatique. 

Ce concept, KNDS France, alors encore sous bannière GIAT, y avait déjà réfléchi. Le groupe français avait, peu après l’arrivée du CAESAR, conduit des études pour intégrer son 105 LG sur un châssis de HUMVEE. Mais le marché n’était alors pas demandeur. Le contexte actuel est sensiblement différent. « Lorsque nous avons vu que le marché se réveillait, nous avons relancé le concept », nous explique l’entreprise. L’américain AM General a ressuscité l’idée en misant à son tour sur le HUMVEE. Basé sur le canon M20 de l’US Army, son système Hawkeye a trouvé preneur auprès de l’armée kosovare. D’autres tentent l’aventure, en témoignent les quelques tentatives rencontrées au gré des allées d’Eurosatory.

Un 105 LG sur roues répondrait à de nouveaux enjeux. L’évolution du marché, tout d’abord. L’OCTAVIUS n’a pas vocation à adresser le client national. Non seulement le budget des armées françaises est loin d’être extensible, mais l’armée de Terre se focalise avant tout sur le renouvellement de son parc de CAESAR. Le besoin est ailleurs. « Vous avez beaucoup d’autres pays confrontés à des géographies plus difficiles et des infrastructures plus limitées », poursuit KNDS France. L’Amérique du Sud, ses jungles et ses montagnes. Idem pour l’Asie du sud-est et, dans une certaine mesure, pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Le transport sous élingue reste une option mais requiert d’y consacrer des hélicoptères parfois précieux ailleurs. « Un système de 105 mm sur véhicule tactique offre l’avantage d’être beaucoup plus maniable sur des terrains difficiles », estime l’industriel. 

KNDS pourrait tout à fait créer et produire un système OCTAVIUS. L’export a cependant radicalement changé. En 2026, un client étranger n’achètera plus rien sans contrepartie. Toute tentative à l’export doit désormais contribuer à développer la base industrielle nationale. La solution OCTAVIUS ouvre une porte en proposant d’emblée de monter sur un véhicule local. Entre une masse et un recul moindres, les contraintes d’intégration sont moins élevées et ouvrent le champ à un plus vaste panel de porteurs. Ceux-ci ne manquent pas. De plus en plus de pays développent des compétences en partant parfois de plateformes légères, aboutissant notamment à « pléthore de 4×4 ». Plutôt que de restreindre l’offre par un châssis unique, la porte est donc grande ouverte aux collaborations de type « B2B ». KNDS propose de fournir le canon et un coup de main dans son intégration. Au partenaire local d’ensuite l’inclure dans son portfolio et de tenter de le placer dans son pays ou au-delà.

Pour KNDS, ce calibre trouve toute sa place dans un conflit de type « Ukraine ». « Les Ukrainiens sont très intéressés par le 105 mm », observe le groupe franco-allemand. Son 105 LG a d’ailleurs été l’objet de démonstrations conduites en 2025 en territoire ukrainien, là où certains artilleurs utilisent un modèle L118 britannique certes vieillissants mais dont « ils sont très contents ». Il devient en effet un atout pour muscler un appui au contact souvent résumé aux pièces de mortier de 60, 81 et 120 mm. Hors, celles-ci ont généralement une portée bien inférieure à 10 km et se retrouvent donc au coeur de cette « kill zone » où prolifèrent les munitions téléopérées et drones armés mobilisés par la contre-batterie adverse. Compléter le panel avec du 105 LG et ses 17 km de portée reviendrait à gagner un peu de marge. La précision est quant à elle conservée, voire renforcée et devient synonyme d’économie des munitions donc de logistique allégée.

L’avenir dira si l’expérience ukrainienne confirme l’intérêt d’un calibre supérieur pour appuyer les unités au contact. « Des industriels de toutes les zones géographiques sont venus nous voir et nous ont fait part d’un intérêt très poussé », note KNDS au terme d’Eurosatory. Il s’agit maintenant de convaincre un premier partenaire. Le choix du châssis conditionnera en effet la production des pièces, leur intégration et la réalisation d’essais de tir. En cas de succès, l’OCTAVIUS pourrait ainsi venir compléter la gamme en moins d’un an. 

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