Covid-19 : l’armée de Terre réquisitionnée au sol et dans les airs

Un NH90 Caïman du 1er RHC effectue une rotation sanitaire depuis Besançon vers Clermont-Ferrand (Crédit : ministère des Armées/EMA)

Un NH90 Caïman du 1er RHC effectue une rotation sanitaire depuis Besançon vers Clermont-Ferrand (Crédit : ministère des Armées/EMA)

 

Au sol et dans les airs, les moyens de l’armée de Terre sont désormais pleinement mobilisés en appui des services de santé et de la population française. Les unités logistiques et les hélicoptères de transport médicalisés multiplient depuis vendredi les missions dans le cadre de l’opération Résilience. 

 

Dans les airs, les NH90 Caïman de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) ont effectué six rotations de patients en réanimation depuis hier matin*. Cette procédure « a été définie après une phase d’expérimentation et de certification exécutée dans des délais restreints par l’Aviation légère de l’armée de Terre, » déclarait ce matin l’état-major des Armées (EMA). Aux hélicoptères du 1er régiment d’hélicoptères de combat (1er RHC) de Phalsbourg serait venu s’ajouter le NH90 Caïman (EBO) du Groupement aéromobilité de la Section technique de l’armée de Terre (GAMSTAT) de Valence, précise l’unité expérimentatrice sur son compte Facebook.

 

Chaque machine emporte jusqu’à deux patients oxygénés pris en charge par un ou deux médecins et deux infirmiers du SAMU. L’équipage du Caïman reste inchangé, à savoir un pilote, un chef de bord, un mécanicien navigant et un membre opérationnel de soute. Tous reçoivent un équipement de protection fourni par le SAMU. Le poste de pilotage est séparé de la soute par un dispositif de protection installé par le 2e régiment de dragons (2e RD) et conçu avec l’aide du GAMSTAT. « Ainsi équipés, les Caïmans peuvent transférer deux patients sur plusieurs centaines de kilomètres, » ajoute l’EMA. Principale unité d’appui NRBC de l’armée de Terre, le 2e RD est mis à profit après chaque rotation pour décontaminer l’appareil et les systèmes médicaux embarqués.

 

Deux PPLOG et un VT4 armés par le 68e RAA ont acheminé des masques de protection respiratoire dans quatre sous-préfecture de l'Ain (Crédit : 68e RAA/EMA)

Deux PPLOG et un VT4 armés par le 68e RAA ont acheminé des masques de protection respiratoire dans quatre sous-préfecture de l’Ain (Crédit : 68e RAA/EMA)

 

Au sol, les unité de l’armée de Terre interviennent sur réquisition préfectorale et, pour l’instant, uniquement pour le transport d’équipements médicaux. Après un premier convoi de sept porteurs PPLOG assuré vendredi par le 7e RMAT et le RMED, deux missions du même type sont intervenues dans l’Ain et et en Haute-Savoie. Également réalisée vendredi, la première aura mobilisé la section ravitaillement transport (SRT) de la batterie de commandement et de logistique (BCL) du 68e régiment d’artillerie d’Afrique (68e RAA) de La Valbonne. Avec l’appui de deux PPLOG et d’un VT4, les équipages ont livré des masques de protection respiratoire dans quatre sous-préfectures de l’Ain. Hier, le 27e bataillon de chasseurs alpins (27e BCA) d’Annecy a quant à lui contribué au convoyage et au stockage de matériel de protection donné par le SDIS de Haute-Savoie, dont 450 bouteilles de gel hydroalcoolique.

 

« Le combat de fait que commencer, » déclarait ce samedi le Premier ministre Édouard Philippe, selon qui « les 15 premiers jours d’avril seront encore plus difficiles que les 15 jours que nous venons de vivre ». Il faut donc s’attendre à un épaississement des différents dispositifs mis en place par les Armées dans les journées et semaines à venir, sans doute avec l’aide de la réserve. Du côté des Terriens, les priorités ont été transmises dès le 22 mars à sa chaîne de commandement par le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Thierry Burkhard. À ses 22 000 réservistes, celui-ci a demandé jeudi dernier de se tenir prêts, soulignant que l’opération Résilience « exigera probablement de la part des armées un effort conséquent ».

 

* De Metz vers Essen (Allemagne) à deux reprises, de Mulhouse vers Genève (Suisse), de Vesoul vers Clermont-Ferrand, de Besançon vers Grenoble et de Besançon vers Clermont-Ferrand.