Belgique : la Défense dresse le portrait du futur véhicule CLV

Un véhicule Lynx du bataillon Carabiniers Prince Baudouin - Grenadiers de la Composante Terre belge (Crédit : 1 C/1 Gr)

Un Lynx du bataillon Carabiniers Prince Baudouin – Grenadiers de la Composante Terre belge, bientôt remplacé par la future plateforme CLV (Crédit : 1 C/1 Gr)

 

Suite au feu vert accordé le mois dernier par le gouvernement belge, la Défense a diffusé aujourd’hui les documents relatifs à la sélection d’un nouveau véhicule de commandement et de liaison (CLV). Une nouvelle étape cruciale, et qui permet notamment de clarifier certaines spécifications techniques du programme.

 

La Vision stratégique l’annonçait dès 2016 : les Lynx LMV livrés par Iveco seront remplacés par 322 véhicules CLV. Le budget débloqué par l’État belge s’élève à 124M€ « pour la partie ‘achat initial’ ». Si le calendrier de livraison n’a toujours pas été détaillé, la Défense confirme que tous les véhicules devront avoir été réceptionnés dans les quartiers militaires avant 2026.

 

Les spécifications techniques reprises dans ces nouveaux documents ne s’écartent qu’à minima de celles évoquées par la demande d’informations (RFI) publiée durant l’été 2018. Ainsi, le CLV reste un véhicule 4×4 de classe N2G présentant une masse en ordre de marche d’au maximum 8,5 tonnes (blindage compris) et capable de transporter au moins 1,5 tonne de charge utile. L’aérotransportabilité par A400M – et non plus par C-130H – est également exigée, la Composante Air attendant un premier exemplaire de l’avion de transport européen en septembre 2020. En ce qui concerne la protection des véhicules, la Défense stipule que « seule une partie de la flotte sera entièrement équipée d’un blindage permanent » dès l’origine. Selon la RFI diffusée l’an dernier, cette capacité ne concernera qu’approximativement 15% du parc. Néanmoins, les véhicules non-protégés devront pouvoir recevoir un kit de blindage additionnel durant leur cycle de vie. Le CLV doté d’un blindage complet devra au moins offrir une protection de niveau 2 contre les menaces balistiques et les mines sous habitacle, et de niveau 2a contre les menaces IED latérales.

 

Comme annoncé précédemment, 135 CLV recevront un tourelleau téléopéré acquis sur base du programme Cross-platform Remote Controlled Weapon Station attribué en novembre 2018 à FN Herstal. Il s’agirait finalement d’un système « de type ‘DeFnder Light’ » conçu par l’armurier liégeois, et non le modèle DeFnder Medium tel que supposé auparavant. L’usage du CLV n’étant pas limité à la seule Composante Terre, la demande de participation ne comprend aucun élément restrictif relatif aux systèmes Scorpion inclus dans le partenariat franco-belge CaMo, tels que le système de communication SICS et la radio CONTACT. Enfin, l’entretien de la flotte nécessitera l’installation par l’industriel retenu d’au moins un point de service sur le territoire belge afin de faciliter les opérations de maintien en conditions opérationnelles.

 

À ce portrait relativement « attendu », la Défense vient ajouter une obligation de maturité, finalement l’un des points les plus importants du document. Celle-ci rappelle que le futur CLV doit avant tout être considéré comme un système « Military Of The Shelf ». Seuls les véhicules achetés et livrés à une armée européenne, de l’OTAN ou ayant participé à une opération de l’OTAN durant les cinq dernières années seront donc pris en compte. Ces deux éléments écartent a priori les hypothèses de l’AMPV de l’Allemand Rheinmetall, qui attend toujours un premier client, et d’une participation au futur programme VBAE du ministère des Armées. Reste une poignée de prétendants crédibles, tels que le Hawkei de Thales, l’Eagle V de GDLS-Mowag ou encore le LMV 2 d’Iveco, d’ores et déjà livré à l’armée italienne. La date butoir de remise des demandes de participation est fixée au 17 janvier 2020. Le ou les candidat(s) autorisés ensuite à soumissionner seront connus au début du mois de mars.