Après ELISA, FLPT et d’autres efforts dépourvus d’acronyme, place à ATHENA. Cet autre partenariat d’innovation entend cette fois doter l’armée de Terre de nouveaux moyens d’entraînement, à l’heure où celle-ci cherche à durcir sa préparation opérationnelle.
Lancé en avril puis relancé mi-juillet, le partenariat d’innovation ATHENA doit déboucher sur des systèmes d’ « Aguerrissement Tactique Hybride en Environnement Numérique Augmenté ». Le besoin est peu détaillé, mais la notion d’hybridité amène à imaginer un environnement d’entraînement combinant des moyens réels, telles que des armes factices, et simulés. ATHENA devra permettre à au moins six utilisateurs de travailler simultanément dans un environnement 3D en réalité immersive. L’appel à candidatures semble insister sur la légèreté du système, celui-ci devant pouvoir être opérationnel en moins de 60 min et sans modification de l’infrastructure d’accueil. De quoi renforcer les moyens d’entraînement en régiment et à coût maîtrisé.
La mécanique de ces partenariats d’innovation est connue : il s’agit, pour la Direction générale de l’armement (DGA) et les forces, de co-développer certains équipements avec l’industrie au travers d’étapes successives et éliminatoires, accélération du processus et partage des risques à la clef. Dans le cas d’ATHENA, la compétition sera réservée aux entreprises européennes disposant déjà d’une solution sur catalogue.
Contrairement à ELISA et au planeur logistique, ce partenariat se limite à deux phases. Seuls trois candidats seront retenus pour la première, qui consistera à étudier, développer et fabriquer un prototype en l’espace de six mois. Il sera ensuite déployé sur trois emprises différentes du ministère des Armées pour trois mois d’évaluations étatiques.
Un unique partenaire accédera à la seconde phase. Celle-ci débouchera sur la production et la livraison d’une trentaine de systèmes dans les unités de l’armée de Terre. Le tout devra être mis à disposition en moins d’un an. Au lauréat d’assurer leur soutien pour une durée de cinq ans. Conclu pour sept ans, ATHENA comprendra également une palette de prestations complémentaires, tels que la formation des utilisateurs et l’ajout d’environnements virtuels, d’armes et d’équipements du combattant supplémentaires. L’enveloppe nécessaire pour l’ensemble du partenariat est pour l’instant estimée à 12 M€.
Moins médiatisée que d’autres domaines capacitaires, la simulation d’entraînement est généralement financée, selon le sujet et l’ampleur, au travers des équipements d’accompagnement du programme 178, au travers de collaborations comme SITTACS, ou via les programmes à effet majeur, à l’image de celui portant sur la « simulation massive » (ou SIM MASS). Ce dernier, acté par la LPM 2024-2030, doit déboucher sur un outil permettant d’entraîner simultanément les pions tactiques des trois armées. Il subit néanmoins des retards au démarrage, son incrément initial ayant été reporté l’an dernier « pour poursuivre les travaux de priorisation des besoins capacitaires ».
Crédits image : 35e RI