Land 400 : la décision australienne arrive, BAE s’active

Selon la presse australienne spécialisée, BAE Systems avance ses derniers pions en Australie, la décision du gouvernement pour la phase 2 du programme Land 400 devant être prise la semaine prochaine. La filiale australienne du géant de défense britannique a annoncé coopérer avec l’industriel suisse RUAG, une coopération soutenue par les responsables de l’État de Victoria. 

 

Des responsables de BAE Systems Australia et des ministres de l'État de Victoria au siège de RUAG Australia

Des responsables de BAE Systems Australia et des ministres de l’État de Victoria au siège de RUAG Australia le 20 février 2018 (crédits : BAE Systems)

 

BAE Systems fait équipe avec RUAG pour proposer son AMV35 aux forces australiennes qui veulent s’équiper de 225 véhicules de reconnaissance et de combat de nouvelle génération (CRV pour combat reconnaissance véhicules). L’AMV35 est basé sur le véhicule blindé 8×8 de Patria, son partenaire principal pour Land 400. Si l’offre de BAE Systems Australia est sélectionnée par Canberra, RUAG se chargera de fournir le blindage extérieur du futur véhicule australien. L’appel d’offres pour la phase 2 du programme Land 400 met en concurrence les Britanniques avec les Allemands de Rheinmetall, et sur le terrain de la communication on peut dire que l’avantage est à BAE.

 

Par le biais de sa filiale australienne, BAE promet de construire les 225 unités dans l’État de Victoria. Plusieurs ministres de l’État australien se sont d’ailleurs déplacés au siège de RUAG Australia le 20 février dernier pour soutenir le partenariat entre les deux industriels européens. Les Allemands eux, promettent de construire le même nombre de leur Boxer, et ce dans l’État du Queensland.

 

Le directeur général de RUAG Australia, John Yeager, a déclaré que le projet Land 400 créerait un potentiel pour de futures opportunités d’exportation. Si l’AMV35 est sélectionné par l’Australie, la filiale de RUAG pourra proposer sa technologie, développée et produite sur le territoire australien, aux forces du pays, ainsi qu’à des clients étrangers, offrant alors des retombées économiques à l’État de Victoria. Yeager a justement souligné que le blindage avait été développé par la société mère, RUAG Defence Switzerland, et qu’il équipait déjà d’autres armées occidentales, « la technologie a fait ses preuves au combat et on a montré qu’elle  sauvait des vies« .

La société mère transfèrera en Australie le savoir-faire nécessaire à la maîtrise de la technologie blindée, ce qui serait une première pour l’industrie de défense du pays.

La semaine dernière, BAE Systems a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec l’Université de Melbourne, offrant à ses étudiants la possibilité de faire des stages et des formations en apprentissage au centre de recherche et développement de BAE Systems à Fishermans Bend.

Une ultime campagne du gouvernement du Victoria a également été lancée en faveur de l’offre de BAE Systems, le parti travailliste disposant même des panneaux publicitaires à travers Canberra pour défendre l’industrie de la défense de la région. Dans le cadre du projet, d’une valeur de 5Mds$ (4Mds€), 2 000 emplois devraient être créés.

Rappelons que les industriels français veulent aussi leur part du gâteau Land 400, puisque Safran et MBDA se sont associés en novembre 2017 pour proposer la technologie MMP (missile moyenne portée / anti-tank) au vainqueur de la phase 2.