Après THUNDART, Safran aurait à nouveau fait mouche les armées françaises en matière d’appui-feu. Le groupe français l’emporte cette fois sur les munitions téléopérées de moyenne portée, murmure-t-on dans les allées du salon Euronaval.
Après la courte portée confiée au duo KNDS-Delair puis la longue portée attribuée à MBDA, ne manquait que le segment intermédiaire pour compléter la trame de munitions téléopérées des armées françaises. Le verdict est tombé cette semaine : le marché des MTO de moyenne portée (ou MTO MP) reviendrait à Safran Electronics & Defense, qui poussait sa MTO Warbler. Safran était opposé aux Allemands de Helsing et au tandem formé par Delair et MBDA, dont la solution MUTANT XL découle en droite ligne de l’appel à projets Larinae de l’Agence de l’innovation de défense (AID).
Si son montant n’est pas précisé, ce marché se traduirait premièrement par la livraison d’une centaine d’exemplaires. À l’instar des deux contrats déjà notifiés, la tranche ferme sera suivie de commandes optionnelles. Et comme pour les MTO Damoclès et Durandal, une première livraison serait attendue 18 mois après la notification.
Dévoilée en 2024, la munition Warbler promet une autonomie de 1h30 pour une portée supérieure à 50 km. Safran y injecte son IA « maison » ACE pour automatiser la détection, la recherche et l’identification de cible tout en conservant l’opérateur dans la boucle. Selon Safran, sa MTO est dimensionné pour emporter jusqu’à 5 kg de charge utile. Quand Helsing s’est rapproché d’EURENCO pour armer sa MTO HX-2, Safran s’est quant à lui allié à Thales pour la tête militaire.
Le dossier MTO MP était l’un de ceux dont le lancement était attendu en 2026. Une ligne de plus de 550 M€ en avait été affectée dans ce sens au programme « Drones de contact », de quoi matérialiser ce qui deviendra, une fois la sélection de Safran officialisée, son troisième incrément. Cette nouvelle munition est avant tout fléchée vers les régiments d’artillerie de l’armée de Terre, à commencer par ceux des brigades interarmes.