Vers la projection d’un SGTIA belge au Sahel en 2021 ?

Des éléments du bataillon ISTAR déployés au Mali dans le cadre de la MINUSMA (Crédits : Btn ISTAR/ministère de la Défense)

Des éléments du bataillon ISTAR déployés au Mali dans le cadre de la MINUSMA (Crédits : Btn ISTAR/ministère de la Défense)

 

La Défense belge projette de renforcer sa présence sur un théâtre d’OPEX avec le déploiement d’un SGTIA complet, idéalement au sein de l’opération Barkhane menée au Sahel par la France. Cette ambition est inscrite dans le plan des opérations pour 2021 (Ops 2021) qui sera soumis prochainement à l’approbation des autorités politiques.

 

En plus d’affermir la posture militaire belge en OPEX, cet engagement permettra à la Brigade Motorisée de reconstruire sa capacité à « mener le combat interarmes dans un cadre interarmes ». Il correspond par ailleurs au niveau d’ambition exprimé dans l’actuel Plan d’Entreprise Militaire de la Défense belge. Celui-ci stipule que la Composante Terre doit être en mesure de déployer un « Combined Arms Tactical Sub Group » (CATSG, l’équivalent belge du SGTIA) d’environ 300 personnels dans un délai de 10 jours. Un test décisif pourrait intervenir l’an prochain en bande sahélo-saharienne (BSS) aux côtés du partenaire français.

 

Si le cadre opérationnel de ce SGTIA reste officiellement ouvert, le scénario sahélien reste néanmoins le plus plausible, la région représentant le « point focal des intérêts sécuritaires extérieurs belges et européens ». Cette intention avait émergé dès avant l’été tant par l’entremise du chef de la Composante Terre, le général Pierre Gérard, que du côté français avec le CEMAT, le général Thierry Burkhard. « Nous entretenons de très bons rapports avec ce pays, qui envisage de projeter avec nous en 2021 un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) en BSS », annonçait-il en juin face au sénateurs.

 

Active de longue date en appui de l’EUTM Mali et de la MINUSMA, la Composante Terre oscille néanmoins en faveur d’une intégration au sein de l’opération Barkhane. Un tel rapprochement se justifie pour plusieurs raisons : non seulement il s’agit du cadre le plus approprié à l’objectif poursuivi d’appropriation du combat interarmes, mais il permet aussi d’ancrer le partenariat franco-belge CaMo dans sa finalité opérationnelle. Le cas échéant, la Belgique deviendrait le principal contributeur de Barkhane. Hasard ou non, le calendrier de la Composante Terre correspond à celui fixé par l’armée de Terre pour le déploiement au second semestre 2021 d’un premier SGTIA Scorpion armé par le 3e RIMa de Vannes et doté du VBMR Griffon.

 

Il faudra faire preuve de patience car si le commandement souhaite un engagement « dès que possible », celui-ci ne pourra se matérialiser avant l’automne 2021. Une fois reçu l’aval ministériel, le sujet sera ensuite discuté parmi les partis de la majorité. En fonction de la situation politique du pays, il sera finalement présenté pour approbation lors du dernier trimestre 2020 soit au Conseil des ministres si la Belgique dispose d’un gouvernement de plein exercice, soit au Parlement. Tous deux étant appelés à se prononcer sur l’ensemble des opérations militaires, la décision finale ne devrait pas être confirmée avant le deuxième trimestre 2021. « Cette procédure est habituelle, le dossier global visant essentiellement à définir les priorités et à allouer les ressources nécessaires (budget, personnel, matériel, etc.) », nous indique-t-on.