Un Belge à la tête du programme NVC de l’OCCAR

(Crédit : OIP Sensor Systems)

(Crédit : OIP Sensor Systems)

 

Depuis le 1er mai, le programme « Night Vision Capability » de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR) est officiellement dirigé par le belge Geert Vanlinthout. Une petite fierté pour la Belgique, qui accède à une position jusqu’alors occupée par les cinq autres États membres, que sont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.

 

Cette nomination à la tête d’un programme belgo-allemand n’est évidemment pas mue par une simple volonté d’équilibre entre les six partenaires. Colonel dans la Composante Terre, Geert Vanlinthout est diplômé du Collège de commandement et d’état-major de la Bundeswehr et a servi en tant qu’officier d’échange au sein de la 10e division blindée allemande, dont fait partie la Brigade franco-allemande.

 

« L’Allemagne est pour moi une seconde patrie, étant donné que j’ai vécu et travaillé dans ce pays durant plus de 13 ans », explique-t-il. Il dispose par ailleurs d’une longue expérience en gestion de projets et en programmes d’acquisition gagnée dans les armées belges et allemandes, mais aussi au quartier-général de l’OTAN et lors de multiples déploiements sous les couleurs de l’ONU et de l’Union européenne. Il rejoint l’OCCAR en 2015, où il prend la tête de la direction du soutien en service. Un parcours qui justifie amplement sa nomination récente à la tête de l’équipe mixte de trois personnes chargée de conduire le programme NVC.

 

Formellement établi le 4 mai au siège de l’OCCAR, à Bonn (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), le programme NVC prévoit l’acquisition sur étagère de jumelles de vision nocturne (JVN) au profit des forces armées allemandes et belges. Il rejoint 13 autres programmes majeurs, dont l’hélicoptère d’attaque Tigre, le véhicule blindé à roues Boxer ou la radio logicielle ESSOR, pour ne citer que le segment terrestre.

 

Réservé aux industriels européens et britanniques, le programme NVC poursuit actuellement une phase d’appel à candidatures ouverte le 31 décembre 2019. Les manifestations d’intérêts sont attendues pour le 15 mai en vue d’une première sélection dans le courant de l’été. Le second semestre 2020 sera consacré à l’appel d’offres proprement dit, puis à aux évaluations et à l’entame des négociations précontractuelles. Le volet financier sera établi en 2021 pour permettre l’attribution d’un contrat de production au troisième trimestre de la même année. La première tranche contractuelle d’une durée de trois ans (2021-2024) comprend la livraison d’environ 9000 exemplaires de JVN. Viendront ensuite s’y accoler une option pour cinq années de production supplémentaires ainsi qu’un contrat de soutien pour une période de 15 ans à dater de l’entrée en service des systèmes.

 

Le cahier des charges reste pour l’instant réduit au minimum : un design compact (maximum 135 mm x 130 mm x 100 mm JVN repliées), un poids maximum de 500 grammes, une fixation adaptée à tous les modèles de casques balistiques et un indice de performance FOM de l’intensificateur d’image correspondant globalement à celui offert par le modèle XR5 de Photonis. Les spécifications techniques détaillées ne sont attendues que lors de la phase de sélection. Tant la Belgique que l’Allemagne disposent d’industriels bien établis dans ce segment, tels qu’OIP Sensor Systems côté belge et Telefunken Racoms côté allemand.