PLF 2021 : la Gendarmerie renouvellera enfin ses blindés

(Crédits : SIRPA)

(Crédits : SIRPA)

 

Sauf refus parlementaire, la Gendarmerie nationale pourra enfin entamer le renouvellement de son parc de véhicules blindés. C’est l’une des mesures reprises dans la mission « Sécurités » du projet de loi de finances 2021 (PLF) présenté aujourd’hui par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance.

 

Le projet ne tient qu’en une ligne mais pourrait mettre un terme à une saga longue de plusieurs années : « La gendarmerie mobile entamera le renouvellement de sa composante blindée et des véhicules destinés au maintien de l’ordre », annonce Bercy dans un dossier de presse sur le PLF 2021. Ce renforcement des moyens alloués « pour préserver la sécurité des Français, lutter contre le terrorisme et les formes les plus graves de la criminalité » tirera partie de la hausse de 150 M€ des crédits de la mission « Sécurités », à laquelle s’ajoutera près de 1 Md€ au titre du plan de relance sur l’ensemble du périmètre du ministère de l’Intérieur. Pour la Gendarmerie nationale, cela se traduit notamment par une hausse de 42% des dépenses d’investissement, fixés à 198 M€.

 

Alors, remise à niveau des 80 VBRG encore en service, récupération et adaptation de VAB de l’armée de Terre ou acquisition d’une flotte neuve ? Régulièrement écarté faute de crédits suffisants, le troisième scénario semble désormais privilégié par le PLF 2021. Cette option est revenue sur le devant de la scène en juillet dernier par l’entremise des députés Benjamin Griveaux (LREM) et Jean-Louis Thiériot (LR). Dans une mission flash consacrée au rôle de la BITD dans la politique de relance, ceux-ci estiment que l’acquisition de VAB n’est qu’un « palliatif très partiel » et que l’opération de rétrofit des VBRG s’est finalement avérée « coûteuse et infructueuse » en raison de problèmes mécaniques non résolus.

 

L’option la plus vraisemblable pour respecter le cadre d’emploi des blindés reste donc l’achat d’engins neufs pour un prix à l’unité estimé à 700 000€ par les députés, soit un peu plus du double du prix d’un rétrofit mais pour quatre fois plus d’espérance de vie (40 ans). Le gain opérationnel serait sans équivoque, avec notamment une meilleure mobilité, une protection accrue et la possibilité de mettre en œuvre de nouveaux moyens optroniques et armements non-létaux. Favoriser un véhicule neuf, de préférence sur une base commune à l’armée de Terre, engendrerait également des économies substantielles en matière de MCO.

 

Deux industriels se sont déjà positionnés en vue du lancement d’un tel marché : Arquus avec son Sherpa APC et Nexter avec une variante « Gendarmerie » du futur VBMR léger Serval. La Gendarmerie estimant avoir besoin de 89 blindés pour assurer ses missions de maintien de l’ordre, le renouvellement complet de cette capacité nécessiterait environ 65 M€, ce que les rapporteurs « jugent tout à fait raisonnable ». Il faudra maintenant attendre, au plus tard, le 18 décembre et l’adoption définitive du PLF pour que cette opération puisse enfin se matérialiser.