LOADING

Recherche

Nouvelle fenêtre de tir pour la future défense sol-air belge

Partager

La Belgique va-t-elle enfin pouvoir signer pour des systèmes de défense sol-air NASAMS et Skyranger ? Les deux contrats pourraient être actés la semaine prochaine en Turquie à l’occasion du sommet organisé par l’OTAN à Ankara. 

« Nous sommes dans la dernière ligne droite pour l’achat de 10 systèmes anti-aériens NASAMS et de Skyranger », a indiqué ce mercredi le ministre de la Défense belge devant les députés des commissions des Relations extérieures et de la Défense nationale. Ne manque à première vue que le blanc-seing gouvernemental, potentiellement obtenu aujourd’hui. « L’accord du Conseil des ministres sera demandé pour que, la semaine prochaine à Ankara, nous puissions conclure un accord bilatéral avec les Pays-Bas », complétait un ministre selon qui « ce serait un bon exemple de coopération au niveau de la défense en Europe ».

L’engagement belge permettra de confier à la Défense néerlandaise le soin de commander les systèmes au travers de ses contrats-cadres. Montant estimé de l’investissement ? Plus de 3 Md€, dont la majorité pour se doter d’une capacité NASAMS qui sera principalement opérée depuis la base militaire d’Ursel (Aalter), l’un des quartiers que la Défense compte réactiver.  Produits par le groupe allemand Rheinmetall, les tourelles Skyranger seront quant à elles opérées par la réserve territoriale, dont le premier des cinq futurs bataillons vient d’être créé en région flamande. 

« Nous aurions déjà dû prendre la décision il y a quelques semaines », regrettait le ministre. Cette dernière ligne droite tend en effet à s’allonger et tout nouveau décalage pourrait avoir une incidence sur la matérialisation d’un programme NASAMS pourtant présenté comme prioritaire. « S’il n’y a pas d’accord cette semaine, nous n’aurons pas la possibilité de faire un leasing pour un premier système pour l’année prochaine », rappelait le ministre en écho à la volonté de disposer d’une capacité initiale pour la période 2027-2029. Dans un secteur où le premier arrivé est aussi le premier servi, il s’agit d’intégrer au plus vite les créneaux de production du groupe norvégien Kongsberg, qui vient de décrocher un contrat de 400 M$ (350 M€) avec le Koweït pour la livraison de systèmes NASAMS. 

Avant d’entrevoir le sommet otanien, le sujet a auparavant été examiné le 17 juin par les parlementaires. Chose rare, voire unique : la Chambre des représentants a communiqué sur le scrutin d’une commission spéciale des Achats et des ventes militaires qui cultive habituellement le secret. Résultat : un vote positif par six voix contre trois et une abstention, et un feu vert pour poursuivre la procédure visant à la livraison et au soutien initial de systèmes de très courte, courte et moyenne portée, munitions comprises. 

La question de la longue portée suivra dans un second temps. Près de 2 Md€ sont inscrits dans les tableaux budgétaires pour engager le sujet en 2029, donc avant la fin de la législature. Aucune décision n’a été prise quant à la voie à suivre pour les trois batteries envisagées. Le ministre de la Défense a néanmoins profité d’Eurosatory pour s’arrêter par le stand d’EUROSAM, à l’origine du système franco-italien SAMP/T NG. C’est, avec le PATRIOT américain, l’un des deux candidats potentiels. 

L’avenir dira si un alignement aura finalement pu être trouvé dans ce segment avec les voisins proches. Le Grand-Duché de Luxembourg cherche lui aussi à se construire un bouclier anti-aérien. Sa ministre de la Défense, Yuriko Backes, s’est elle aussi rendue chez EUROSAM. Et, côté luxembourgeois aussi, des discussions sont en cours sur « le choix des fabricants des équipements envisagés ». Une nouvelle de loi de financement concernant « les futures dépenses en matière de défense aérienne longue portée » y est « en préparation » et sera présentée « prochainement » aux parlementaires.

Qu’importe le segment et le pays, « la défense anti-aérienne intégrée est l’un des domaines de focalisation du sommet d’Ankara », résumait le ministre de la Défense belge. « Nous allons voir s’il y a un consensus. J’espère, parce que c’est dans l’accord de gouvernement », poursuivait-il tout en assurant que « cet achat sera concrétisé ». Quant à savoir si le jalon sera bien franchi la semaine prochaine, début de réponse dans quelques heures. En cas d’échec, la fenêtre de tir deviendra particulièrement limitée avant une traditionnelle pause estivale synonyme de report à la rentrée.

Crédits image : Kongsberg

Tags: