H&K rate le coche en Allemagne

Le fusil d'assaut MK556 de Haenel, vainqueur potentiel du marché de remplacement des G36 de la Bundeswehr (Crédits : C.G. Haenel GmbH)

Le fusil d’assaut MK556 de Haenel, vainqueur potentiel du marché de remplacement des G36 de la Bundeswehr (Crédits : C.G. Haenel GmbH)

 

Fournisseur historique de la Bundeswehr, Heckler & Koch s’efface au profit de C.G. Haenel GmbH dans le marché de remplacement des fusils d’assaut G36 des forces armées allemandes.

 

Sauf recours abouti ou refus parlementaire, le fusil d’assaut MK556 de calibre 5,56 mm de l’armurier thuringeois remplacera les G36 perçus par l’armée allemande depuis 1997 mais jugés défectueux depuis une décennie. Déposées en juin, les Best and Final Offers (BAFO) ont été évaluées cet été par le BAAINBw. « Sur base de cette évaluation, la société à responsabilité limitée C.G Haenel GmbH est ressortie gagnante de l’appel d’offres », confirme aujourd’hui le ministère de la Défense allemand. Le fusil MK556 l’aurait emporté sur les modèles HK416 et HK433 de H&K, et sur le RS556 proposé par Rheinmetall et Steyr Mannlicher.

 

Haenel décrocherait un marché évalué à 250 M€ comprenant la livraison de 120 000 fusils d’assaut et de leurs accessoires. L’entreprise devra néanmoins patienter avant de pouvoir crier victoire, le résultat des évaluations n’étant pas encore légalement effectif. « Un recours légal est toujours ouvert aux soumissionnaires non retenus », précise le ministère de la Défense. Ce marché, comme tout opération d’armement dont le budget est supérieur à 25 M€, est également soumis à l’aval parlementaire. « Les documents nécessaires à cet effet sont en cours de préparation, avec pour objectif une décision parlementaire pour fin 2020 », ajoute le ministère.

 

Davantage tournée vers la clientèle civile, Haenel n’en reste pas moins parfaitement connu de la Bundeswehr. À l’origine du StG 44, considéré comme le précurseur des fusils d’assaut modernes, l’entreprise de Suhl fournit les fusils de précision G29/RS9 des forces spéciales allemandes (KSK) depuis 2016. Elle relève du groupe allemand Merkel (non, aucun lien avec la Chancelière), lui-même propriété de la holding émiratie Tawazun. En novembre 2019, celle-ci a elle-même été intégrée au groupement EDGE, propriété du gouvernement émirati. EDGE avait notamment absorbé EDIC, propriétaire depuis 2018 du Français Manurhin, spécialiste des machines-outils depuis lors rebaptisé « Manufacture du Haut Rhin » (MHR).

 

Si ce contrat est annonciateur de décennies de charges de travail pour Haenel, il ne fait pas du tout les affaires de son adversaire principal. Après deux années de disette, H&K est redevenu rentable l’an dernier et comptait notamment sur le client national (un tiers des revenus annuels) pour consolider sa reprise et réduire son niveau d’endettement. La firme est par ailleurs « un peu moins allemande » depuis le mois de juillet et le rachat des parts majoritaires par le Français Nicolas Walewski au travers de la holding luxembourgeoise Compagnie de Développement de L’Eau S.A (CDE).