La France va acquérir plusieurs milliers de mitrailleuses FN Evolys et FN MINIMI Mk 3 auprès auprès de FN Herstal. Elle rejoindra également le partenariat stratégique établi par la Belgique et le groupe liégeois.
La Direction générale de l’armement (DGA) et son homologue belge, la Direction générale des ressources matérielles (DGMR) vont conclure un accord permettant « l’acquisition conjointe d’armements légers et lourds », annonçait hier la Défense belge. En parallèle, la DGMR et FN Herstal signeront un avenant au partenariat multinational mis en place jusqu’en 2044 afin de garantir l’adhésion de la France. Celle-ci rejoindra les quelques pays européens déjà montés à bord.
Signé au salon Eurosatory en présence des ministres de la Défense des deux pays, l’accord matérialise une première commande de série pour des mitrailleuses Evolys en calibres 5.56 et 7.62 mm. Dévoilée en 2021, l’Evolys ne vient pas seule. La France recevra aussi des mitrailleuses MINIMI Mk 3 en calibre 7.62 mm, ainsi que des munitions de 5.56 mm et de 7.62 mm. Le tout sera acquis par la Belgique selon une procédure « au nom et pour le compte de » qui n’est pas sans rappeler celle mise en place par la DGA pour le CAESAR, le missile MISTRAL 3 et, bien sûr, les véhicules SCORPION.
La démarche présente plusieurs intérêts, indique la Défense. Côté belge, elle renforce la filière industrielle locale tout en donnant un surplus de visibilité à FN Herstal. Côté français, « elle offre une solution efficace et pragmatique pour la modernisation de ses systèmes d’armement léger, tout en générant des retombées économiques en Belgique ». Le message n’est pas anodin à l’heure où les deux pays cherchent de nouvelles voies pour rééquilibrer le pan industriel du programme binational CaMo.
Selon le ministre de la Défense belge, Theo Francken, jusqu’à 5000 mitrailleuses Evolys pourraient être commandées en plusieurs tranches par la France. Ce volume a été en partie confirmé par le CEO du groupe FN Browning, Julien Compère, qui s’est félicité de la signature d’un « ordre d’acquisition de plusieurs milliers de mitrailleuses FN Evolys au bénéfice de l’armée française ». D’après l’agence de presse Belga, la commande initiale porterait sur plus de 2000 mitrailleuses tous modèles confondus. Les premières sont attendues d’ici fin 2026.
S’ils ne sont pas précisés, « l’ensemble des coûts liés à l’adhésion et à l’exécution sont pris en charge par la France », précise la Défense belge. Paris mobilisera pour l’occasion la ligne de crédit de 15,1 Md€ octroyée par l’Europe dans le cadre de SAFE, mécanisme facilitant au passage une contractualisation en gré à gré. Cet emprunt aux conditions favorables, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, l’a signé cet après-midi à Eurosatory avec les commissaires européens Andrius Kubilius et Piotr Serafin.
L’annonce intervient également à l’heure où la France cherche à recréer une filière de munitions de petit calibre souveraine. Si les deux dossiers sont strictement indépendants, une entreprise les rapproche néanmoins : FN Herstal, fournisseur d’un côté et candidat à la création de cette filière de l’autre.