Belgique: feu vert gouvernemental pour le retour des F-16 au Levant

Un F-16 belge déployé en Jordanie en juin 2016 (Crédit: Défense belge/Ritchie Sedeyn)

Un F-16 belge déployé en Jordanie en juin 2016 (Crédit: Défense belge/Ritchie Sedeyn)

 

Fort du feu vert parlementaire acquis jeudi, le gouvernement belge a pu entériner hier l’envoi de F-16 de la Composante Air au Levant. Quatre avions de chasse et 95 militaires seront déployés en Jordanie, d’où ils contribueront à partir du 1er octobre à « protéger les forces de la coalition [Inherent Resolve – OIR] et continuer à combattre Daesh en Irak et dans le nord-est de la Syrie ».

 

« La Belgique répond ainsi à une demande claire de soutien de la part de l’Irak dans la lutte contre Daech. L’action de la Belgique s’inscrit également dans le cadre de la résolution 2249 adoptée en 2015 par le Conseil de sécurité des Nations unies et qui rappelle la menace globale que pose Daech pour la paix et la sécurité internationale », a souligné le ministre de la Défense, Philippe Goffin, dans un communiqué.

 

« En plus d’effectuer des tâches de reconnaissance et de sécurité en appui des forces de la coalition, cela implique également la conduite d’attaques terrestres ciblées contre des objectifs ennemis », précise le Conseil des ministres. Envisagé à l’origine pour mi-mai, ce déploiement n’interviendra finalement qu’à partir d’octobre et pour une durée de 12 mois. Le coût total de cette mission est estimé à 24M€ net répartis sur les budgets opération 2020 et 2021. Il s’agit de la troisième rotation de F-16 belges dans le cadre d’OIR, après celles intervenues entre septembre 2014 et juin 2015 et entre juillet 2016 et décembre 2017.

 

Outre les appareils opérant au départ de la base aérienne Lieutenant Muwaffaq Salti d’Al Azrak, la Belgique détachera une équipe Red Card Holder au sein du Combined Air Operations Center (CAOC) de la base d’Al Udeid (Qatar), responsable de la planification et de la conduite des opérations aériennes interalliées. Chargé de valider la mission en fonction des règles d’engagement internationales, le Red Card Holder belge sera accompagné d’un officier de planification, d’un officier de renseignement et d’un conseiller juridique.

 

Pour la Belgique, il s’agit d’apporter une contribution significative dans la lutte contre Daesh et de consolider sa position au sein des 13 pays composant le noyau militaire de la coalition internationale. Sur le plan opérationnel, l’engagement belge doit répondre au manque de ressources aériennes exprimé au printemps 2019 par les États-Unis et réitéré en avril dernier dans une lettre adressée par le CENTCOM à l’État-major de la Défense. Le 31 mars, l’Allemagne a ainsi mis fin au soutien fourni par quatre avions Tornado, occasionnant un trou capacitaire en matière de reconnaissance aérienne. Enfin, cette mission participe au maintien de l’expérience opérationnelle de la Défense.