Cette fois, le budget des armées ne passera pas entre les mailles de l’austérité. Le coup de rabot est intervenu ce vendredi afin de financer de nouvelles mesures d’urgence au profit du secteur agricole.
« Il faut bien le reconnaître, nous n’avons pas de marge de manoeuvre budgétaire. (…) Nous n’avons plus de gras », insistait ce vendredi le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, lors d’une conférence de presse. Faute de mieux, près de 1,3 Md€ d’économies supplémentaires vont être imposés à la quasi totalité des ministères. Fixé dans un décret publié le 11 septembre, le tour de vis prévoit 783 M€ de surgels et 500 M€ d’annulations de crédits.
Si les surgels ne sont pas détaillés, les annulations portent notamment sur plus de 50 M€ de crédits de paiement et autant en autorisation d’engagement alloués à la mission Défense. L’essentiel – 40 M€ en CP et AE – est porté par le programme 144 « Environnement et prospective de la politique de défense », qui regroupe le renseignement, les études amont, la prospective et la diplomatie de défense. Le reste est ponctionné du programme 212 « Soutien de la politique de défense ». Principal poste d’investissement du ministère, le programme 146 relatif aux équipements y échappe donc.
« Ces crédits, qui n’étaient pas programmés dans l’exécution, avaient précisément vocation à constituer une marge de précaution permettant de faire face aux aléas de gestion. Leur annulation permet ainsi d’éviter un dérapage de la dépense tout en préservant les moyens nécessaires aux politiques publiques prioritaires », expliquait le ministère de l’Économie et des Finances.
La coupe peut sembler minime en rapport aux 56,9 Md€ consacrés cette année aux armées, hors pensions. La question des gels, surgels et reports de crédits est néanmoins suivie de près par les parlementaires, à l’origine d’amendements garantissant l’exécution de la trajectoire financière de la loi de programmation militaire actualisée. Leur vigilance ne sera pas de trop car « de nouvelles mesures de redressement seront prises dans les prochaines semaines tant sur le budget de l’État que sur celui la Sécurité sociale », annonçait Bercy à quelques semaines de la présentation du projet de loi de finances 2027.
Crédits image : État-major des armées