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Le pick-up n’est pas mort

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Le pick-up n’a pas dit son dernier mot dans les armées françaises. Passé au second plan depuis le désengagement français au Sahel et la résurgence des conflits de haute intensité, ce véhicule léger revient en force à l’heure où certaines unités sont prêtes à renoncer au blindage pour gagner en discrétion. Il est maintenant l’objet d’un appel d’offres pour près d’un millier d’exemplaires.

Lancée aujourd’hui par la Direction générale de l’armement (DGA), cette compétition prévoit l’adaptation et la production de jusqu’à 900 véhicules légers tactiques « de type pickup ». Conclu pour une durée de quatre ans, le futur accord-cadre comprend une tranche ferme pour environ 300 véhicules et leur adaptation pour l’emport d’une radio militaire et d’un « armement simple ». Ce 4×4 pourra en effet recevoir de l’armement collectif, à commencer par une mitrailleuse MAG58 ou M2HB. 

Deux versions sont dans le collimateur de la DGA, l’une en simple cabine pour deux personnels et l’autre en double cabine pour quatre personnels. Des bons de commandes pourront suivre pour compléter la flotte et fournir des matériels et des prestations de soutien. Ni le volet financier, ni le calendrier ne sont détaillés. 

Les bénéficiaires de ce contrat ne sont pas précisés mais une chose est sûr : l’armée de Terre saura quoi en faire. Au vu des volumes annoncés, il semble évident que le sujet dépasse cette fois les seules forces spéciales. L’investissement arrive à point nommé, car une myriade d’unités neuves ou plus anciennes sont justement en recherche d’un vecteur plus léger et plus agile pour mener leurs missions. Parfois autonomes, par dispersées, agissant souvent sur les avants voire au-delà, elles cherchent en effet à réduire leur signature dans un environnement dorénavant saturé de capteurs, quitte à sacrifier la protection en remisant les véhicules lourds.  

Les clients potentiels ne manquent pas. Ce sont notamment ces groupements commandos, sections de renseignement et de guerre électronique, sous-groupements de renseignement de contact et autres détachement d’acquisition dans la profondeur armant l’échelon de découverte de la brigade ou du régiment. Ce seront aussi ces unités de drones de contact en cours de création, pour l’instant sur Ford Ranger ou VT4 mais visiblement demandeuses d’un autre porteur pour leurs « ruches » de drones. Sans parler des régiments subordonnés à certaines brigades spécialisées.

Français ou étrangers, le segment ne manque pas de candidats. Certaines propositions sont notamment apparues à l’occasion des Journées nationales de l’infanterie, organisées chaque année par les écoles militaires de Draguignan. Régulièrement mobilisé sous l’ère Barkhane, Technamm est ainsi venu avec un Masstech DC4 à double cabine. Pour l’entreprise des Bouches-du-Rhône comme pour tout autre candidat, il s’agira néanmoins de pouvoir démontrer sa capacité à livrer 300 véhicules de ce type par an, entre autres critères.