Les SDT et SMDR en phase d’approche

Outre les nanodrones DROP, le 61e régiment d’artillerie (61e RA) de Chaumont devrait recevoir les premiers systèmes de drones SMDR et SDT Patroller, respectivement, en juin et en octobre prochain, apprenait-on lors de l’exercice Grand Duc du COMRENS.

 

Le SDT Patroller c'est pour bientôt au 61e RA, mais pas avant 2021 pour une projection en OPEX (Crédit: Safran)

Le SDT Patroller c’est pour bientôt au 61e RA, mais pas avant 2021 pour une projection en OPEX (Crédit: Safran)

 

Effectifs en croissance, infrastructures rénovées, renouvellement des compétences, et… nouvel insigne de béret : mois après mois, le 61e RA poursuit la consolidation de sa dimension aérienne, capacité unique au sein de l’armée de Terre. Responsables du socle renseignement image au sein du COMRENS, les Diables Noirs sont sur le point de vivre « un véritable bond technologique » avec l’arrivée imminente des drones tactiques SDT Patroller et SMDR, destinés à remplacer les SDTI et DRAC.

 

Conçu par Safran, le SDT Patroller sera livré à 14 exemplaires à l’horizon 2021. Soit, deux systèmes de cinq vecteurs et un troisième de quatre vecteurs affecté à la formation. Le 61e RA devra néanmoins maintenir les SDTI vieillissants et les SDT en double dotation jusqu’en 2020-2021, intervalle nécessaire pour garantir la pleine opérabilité des nouveaux drones. Pour l’heure, la livraison de ce premier système permettra d’achever la phase d’instruction théorique des premiers équipages et d’entamer leur formation pratique. Selon les chiffres du ministère des Armées, 87 télé-pilotes et commandants vont être formés d’ici 2022.

 

Contrairement à son prédécesseur, le SDT Patroller est nativement doté d’une capacité« bi-charge ». Sa configuration classique reposera dans un premier temps sur une version modifiée de la boule optronique Euroflir 410 SP et sur un radar SAR/GMTI, un duo complété par la suite par l’arrivée d’une charge ROEM et d’une capacité d’armement. L’éventail capacitaire envisagé par le ministère des Armées sera en toute logique « soumis aux expérimentations » avant d’envisager un futur déploiement en OPEX. Une étape qui « ne devrait pas se matérialiser avant 2021, il est pour l’instant difficile de s’engager plus avant sur le sujet », nous explique-t-on.

 

Le déploiement du SDT ne devrait par ailleurs impliquer qu’une légère empreinte logistique supplémentaire, le système venant globalement s’intégrer aux installations et dispositifs de soutien déjà en place sur les théâtres étrangers. La majorité des infrastructures nécessaires, par exemple, existe déjà sur les terrains d’OPEX. Ne restera, globalement, qu’à « ajouter des garages dédiés aux SDT ». Enfin, hormis une endurance et un rayon d’action appréciables pour les actuels environnements d’OPEX, le SDT sera en mesure d’effectuer 20% de ses atterrissages sur piste sommaire, une exigence spécifiée dès l’origine au constructeur.

 

Commandé en 2016 auprès de Thales, le SMDR a quant à lui récemment conclu une série d’expérimentations par temps chaud à Djibouti. Après 51 vols réalisés sur une quinzaine de jours, « le SMDR s’est révélé assez stable et résistant malgré le sable et des vents de 10 à 12 mètres par seconde », explique l’adjudant-chef Ludovic du 61e RA, et déjà 19 heures de télépilotage à son actif. Quant aux essais par temps froid, « on peut pratiquement considérer que le SMDR a déjà subi ce type de test lors des vols effectués cet hiver à Mourmelon », ajoute-t-il.

 

Après quelques corrections mineures, le premier système complet de trois vecteurs a finalement reçu le feu vert de la DGA, préalable obligatoire à sa livraison aux Armées, il y a une dizaine de jours. Ce système entame maintenant deux mois d’évaluations techniques guidées par la STAT et le 61e RA avant de rejoindre les forces vers la mi-juin, précise l’adjudant Ludovic. Suivra ensuite une phase d’étude centrée sur le contrôle du drone au départ d’un véhicule en mouvement.

 

À l’instar du SDT Patroller, l’arrivée du SMDR permettra de renforcer le volet formation du 61e RA, déjà étoffé de l’expérience acquise sur les terrains d’expérimentation. Ce cursus reposera notamment sur les stations de contrôle au sol, équipées d’un simulateur intégré, et sur des « installations en dur » permettant la mise en réseau de cinq stations.