Les premiers DROP ont atterri en France

Les premiers nanodrones Black Hornet 3, rebaptisés « drones opérationnels de poche » (DROP), ont été livrés aux forces, annonçait le 61e régiment d’artillerie (61e RA) à l’occasion de l’exercice annuel Grand Duc, organisé par le COMRENS.

 

Un DROP "nuit" (G) et un DROP "jour" (D) dans les mains d'un hussard du 2e RH

Un DROP « nuit » (G) et un DROP « jour » (D) dans les mains d’un hussard du 2e RH

 

Les cinq premiers systèmes de trois nanodrones, chacun comprenant deux vecteurs « jour » et un vecteur « nuit » ont été reçus en mars, nous explique la maréchale des logis Marine du 61e RA, primo-formatrice formée par FLIR. Au total, 400 systèmes ont été commandés en novembre 2018 par le ministère des Armées pour un montant de 77M€. Une quarantaine de systèmes auront été livrés d’ici la fin de l’année, permettant notamment l’accélération des formations au profit des trois armées, à partir de septembre prochain. « Nous formerons près de 800 opérateurs pour la seule armée de Terre », précise ainsi le 61e RA.

 

Pour l’heure, seuls « cinq à dix » militaires ont été formés à l’« École des drones » du 61e RA « en vue d’un déploiement au Mali, dans les mois à venir ». Le principal bénéficiaire de ce nouveau cursus n’est nul autre que le 2e régiment de hussards, déjà fin connaisseur du Black Hornet 2. Spécialisé dans le ROHUM, ce régiment est en effet prioritaire dans le processus de formation, de même que les unités du COS. « Nous avons suivi une remise à niveau d’une semaine au début du mois de mars. La version précédente ne nécessitait que trois jours de formation, il nous faut plus de temps pour assimiler les nouvelles fonctionnalités », nous confirmait un hussard, participant avec un système DROP à l’exercice Grand Duc. La place prépondérante du 2e RH au sein de ce programme est d’autant plus logique que ce sont ses membres qui « ont poussé l’adoption du Black Hornet 3, parce qu’impressionnés par les capacités additionnelles qu’il intègre », ajoute la maréchale des logis Marine.

 

Silencieux et extrêmement léger, le Black Hornet 3 conserve l’apparence des modèles précédents mais gagne en robustesse et en modularité. L’opérateur dispose en permanence de deux versions du drone, l’une équipée d’une voie jour et l’autre, différenciée par son « nez noir », d’une voie nuit. Face à la sophistication croissante des systèmes de brouillage, FLIR protège désormais la liaison de données  au moyen d’une nouvelle clé AES de 256 bits. Ce nanodrone est en outre capable de naviguer dans des environnements privés d’accès GPS.

 

Le Black Hornet 3 vole également plus loin et plus vite que son prédécesseur, grâce une liaison de données étendue à 2 km et une vitesse maximale de 21 km/h. De quoi permettre à l’opérateur de grappiller quelques secondes supplémentaires sur cible et de compenser une autonomie toujours limitée à 25 minutes. Une carence en partie contrebalancée par la possibilité de remplacer les batteries directement sur le terrain, « c’est une nouveauté par rapport au Black Hornet 2, qui nous permet de gagner en élongation et en réactivité », nous explique un hussard du 2e RH. Enfin, si sa taille, de l’ordre de 16 cm, ne change pas, l’adjonction de ces nouvelles capacités porte le poids du Black Hornet 3 à environ 33 grammes. Une peccadille au vu des performances.