La formation en simulation immersive

Le sujet ci-dessous a été rédigé à partir de l’article de Michel Fichoux, paru dans le magazine des ingénieurs de l’armement n° 109 (lien : http://www.caia.net/page/517/la-revue)

 

Les nouveaux systèmes pour le fantassin ont fait évoluer les besoins de formation, de la balle à blanc vers l’environnement 3D. Cela a été l’occasion de développer des solutions simulées qui sont aujourd’hui en plein boom technologique et accompagnent au plus près le déroulement des programmes. Illustration avec le simulateur MMP de GDI Simulation.

 

Le STC-MMP (Crédit photo: GDI Simulation)

Le STC-MMP (Crédit photo: GDI Simulation)

La formation des années 1960 s’effectuait, au pas de tir, à balle réelle ou tir réduit ; l’entraînement au combat utilisait balles à blanc et grenades à plâtre. Dans les années 1970, l’avènement du numérique, des simulateurs laser et des moyens d’enregistrement facilitèrent les exercices et permirent le rejeu et l’examen critique des exercices. Par la suite, la création de bases de données virtuelles réalistes utilisables sur des machines portables contribua significativement au développement de la simulation immersive, système de formation très efficient.

Aujourd’hui, le fantassin sert toujours de nombreuses armes : le fusil Famas (ou futur AIF) mais également tous types de mitrailleuses, de tourelleaux simples ou télé-opérés sur véhicules de combat d’infanterie, la roquette, le missile Eryx, le missile Milan. Progressivement, des simulateurs ont été mis au point pour chaque type d’armement. Néanmoins, nous vivons aujourd’hui un changement majeur, car le fantassin est devenu le lien entre son armement et les systèmes de plus en plus complexes sur lesquels il opère, comme nous le voyons avec Félin.

La simulation accompagne ce mouvement : GDI Simulation (ndlr: une filiale à 100% d’Airbus Group) réalise ainsi la conception des simulateurs MMP, missile successeur du Milan, pour l’instruction au tir ou l’entraînement au combat. Pour être efficaces, les simulateurs sont développés en même temps que les systèmes d’armes. Ainsi, les premiers démonstrateurs fonctionnels suivent, en matériel et logiciel, les évolutions du système d’arme. Ils sont parfois même utilisés, à certaines étapes du programme, pour effectuer des choix ergonomiques.

Les itérations entre le système opérationnel et son simulateur s’accéléreront à l’approche de l’échéance de livraison ce qui permettra, entre autres, alors que le système d’arme terminera sa validation, de débuter la livraison des simulateurs qui permettront l’instruction des premiers tireurs. Le système de simulation doit également permettre, au-delà de l’instruction, d’entraîner et d’évaluer les GTIA dans les centres d’entraînement au combat. C’est l’objet du Simulateur de Tir de Combat (STC) MMP, qui présentera les mêmes contraintes d’ergonomie, de poids, de volume que les simulateurs d’instruction. Le STC reproduira en outre la fonction Tir Au-delà de la Vision Directe (TAVD) du système d’arme. Renseigné par la situation tactique, le tireur MMP pourra ainsi engager une cible qu’il ne verra pas. À la mise à feu, l’image virtuelle du « point de vue du missile » apparaîtra dans le viseur. En fonction des éléments du tir qui lui seront communiqués, le Centre Opérationnel décidera de la destruction ou non de la cible. Dans les instants qui suivront, après le délai de rechargement d’un nouveau missile, le tireur prendra à partie en mode laser cette fois une cible du domaine visible. Ce STC sera le premier simulateur bi mode, laser et numérique.