Le H145M d’Airbus séduit Hongrois et Luxembourgeois

Belle réussite d’Airbus Helicopters que de séduire deux petits budgets avec son petit hélicoptère H145M. 

 

Le H145M (Crédits : Airbus Helicopters)

Le H145M équipé du système HForce (Crédits : Airbus Helicopters)

 

Il y a peu, nous annoncions sur notre site que l’industriel européen, dont le siège social se situe à Marignane, allait livrer divers unités de ses plate-formes à l’Ukraine (sécurité intérieure), et parmi celles-ci, le 145. Dans le même temps que les Ukrainiens, ce sont les Luxembourgeois et les Hongrois qui font confiance au savoir-faire d’Airbus, cette fois pour la version militaire du 145. Dans ses réussites (militaires) à l’export, Airbus Helicopters mise sur le système HForce (qui est un weapon management selon le site officiel) : l’industriel propose à ses clients cherchant à acquérir la version militaire de ses hélicoptères civils divers équipements transformant le véhicule aérien en bête de guerre.

 

Ce système a été présenté en Hongrie (où le H145M en version HForce était à l’essai depuis l’an passé) en fin de semaine dernière, les invités (journalistes, industriels et délégations officielles de divers pays, de l’Irak aux États-Unis en passant par la République tchèque) ayant pu admirer le vol (et les tirs) du joli H145M équipé d’un lance-roquettes multiples Thales et d’un canon 20mm de production Nexter Systems. Le HForce propose aussi d’équiper les hélicoptères d’une mitrailleuse 12.7mm, de missiles air-sol et air-air ainsi que de roquettes guidées par laser. Chaque hélicoptère HForce est également équipé d’un système électro-optique gyrostabilisé (de type Euroflir par Safran) et le pilote et le tireur reçoivent le HMSD (casque dernière génération par Thales). Bref, le client choisit un hélicoptère, et par l’approche modulaire du HForce, le « personnalise » selon les besoins des missions à venir.

 

Les Hongrois ont donc craqué pour l’offre (complète) HForce puisqu’ils ont signé le 29 juin dernier pour une commande de vingt unités du H145 HForce. Comme l’a rappelé le PDG d’Airbus, Tom Enders, à cette occasion, la signature est un nouveau signe des bonnes relations avec les forces armées hongrois après la commande de deux transporteurs militaires A319 l’année dernière. Le pays, qui ne dépense aujourd’hui que 0,95% de son PIB pour sa défense – 1 milliard d’euro ! – prévoit de moderniser son armée et de faire grossir son budget en conséquence. En relisant la presse internationale d’il y a bientôt deux ans, on se souvient que la Hongrie avait annoncé vouloir commander entre 20 et 40 hélicoptères (« rien que 10 serait déjà plus que ce que nous avons aujourd’hui » disait à l’époque le ministre de la Défense) avant les élections de 2018 (presque).

 

Si la Hongrie peut-être caractérisée comme un petit pays pour sa faible puissance actuelle, le Luxembourg l’est réellement par sa taille. Cela n’empêche pas son ministère de la Défense de commander le H145M « pour des missions de défense et de sécurité ». Bien qu’il n’en commande que deux et que la version HForce n’ait pas été choisie, décrocher un contrat d’armement auprès de l’armée luxembourgeoise est déjà un réel exploit, un exploit qu’Airbus réalise pour la troisième fois. Effectivement, le Parlement a approuvé cet achat chat dès le mois de janvier de cette année avant d’approuver l’achat en mars du NH90, et au début des années 2010, le Grand-Duché passait commande d’un A400M et d’un A330 MRTT. En clair, le Luxembourg – à son niveau –  se monte un groupement aérien exclusivement chez Airbus (ah, si tous les Européens pouvaient en faire de même !). Peut-être que la Hongrie suivra l’exemple et continuera sur sa lancée, en complétant par exemple par quelques hélicoptères plus lourds en remplacement de ses Mi-17 qu’elle modernise en Russie.

 

Pour terminer indiquons que les Américains seraient intéressés par le H145M si il était construit sur le territoire national à Colombus : dans ce cas, cet hélicoptère, dont l’assemblage final est actuellement réalisé en Allemagne, pourrait recevoir un soutien des FMS américaines…à suivre.