Un embryon d’agenda pour le programme MGCS

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Le programme franco-allemand de char du futur (MGCS) fait dorénavant partie intégrante des rapports d’armement publiés à intervalles réguliers par le ministère de la Défense allemand. Le dernier rapport en date, présenté hier, lui consacre non moins de cinq pages, celles-ci présentant notamment un embryon d’agenda pour la décennie à venir.

 

Jusqu’à présent, le programme MGCS ne contenait qu’un seul jalon calendaire majeur : l’objectif de 2035 avec la livraison des premiers systèmes. Grâce au document publié ce jeudi par la Défense allemande, il est maintenant possible de clarifier le séquençage des principaux paliers du programme. Ces dernières années auront permis aux deux partenaires d’aboutir à une écriture commune des besoins, des concepts nationaux ayant par la suite été élaborés afin d’y répondre. Il en ressort l’approche innovante d’un système de systèmes doté de véhicules habités et robotisés, ce qui permettra de « surmonter les performances limitées d’une solution à plateforme unique, » précise la Défense allemande. Cette étape préliminaire a laissé place, dès cette année, à la phase de développement d’un démonstrateur complet, qui se conclura à l’horizon 2028.

 

D’ici 2025, les concepts technologiques sélectionnés par la France et l’Allemagne seront affinés et convergeront au travers de la définition de l’architecture du système (SADS) et d’activités de R&D nationales et binationales. Cette première étape intermédiaire, dite de « démonstration technologique » (TDP), devrait permettre de parachever l’harmonisation des exigences opérationnelles des deux armées. Un échelon intermédiaire est prévu à l’horizon 2022, avant de parvenir, en 2024, à l’examen des exigences relatives au système (System Requirements Review).

 

La seconde phase intermédiaire, dite de « démonstration d’un système complet » (FSD) s’étendra de 2024 à 2027. En partie intégrée au palier précédent, elle conduira à l’assemblage et à l’évaluation d’un premier démonstrateur complet du système MGCS afin de fournir « la preuve fondamentale que les exigences des utilisateurs peuvent être satisfaites ». La revue de conception préliminaire (Preliminary Design Review) devrait ensuite être atteinte en 2027.

 

La finalisation de la phase de démonstration permettra aux industriels d’entrer à partir de 2028 dans les phase de réalisation et d’industrialisation, en vue des premières livraisons sept ans plus tard. Bien entendu, cette ligne du temps reste théorique et le niveau d’ambition particulièrement élevé pourrait tout à fait engendrer quelques « glissements ». Le lancement effectif du programme MGCS est de toute façon conditionné par la signature du contrat d’architecture (SADS). L’équilibre industriel atteint à la mi-octobre doit maintenant permettre de compléter les futurs accords intergouvernementaux. Selon le rapport de la Défense allemande, ceux-ci seront soumis à l’approbation du Bundestag dans les premiers jours du mois de mars 2020, pour ensuite pouvoir être ratifiés la semaine suivante par les gouvernements allemand et français. Une fois ces accords entérinés, un contrat « SADS » pourra enfin être conclu avec la partie industrielle, ajoute le document.

 

À l’instar de la France, l’Allemagne s’est engagée sur une trajectoire d’augmentation de ses dépenses militaires. La Bundeswehr disposera d’un budget de 45,1Md€ en 2020, soit une hausse de 4,2% par rapport à cette année. Près de 7,4Md€ seront consacrés aux renouvellements capacitaires et 1,5Md€ aux projets de développement et d’expérimentation de nouveaux armements.