Un dispositif anti-collision dans le collimateur de DGA EV

Image d'illustration (Crédits : Anra Technologies)

Image d’illustration (Crédits : Anra Technologies)


Les drones, « nouvelle » menace pour les aéronefs militaires français ? La question est posée par le cluster Aliénor, à l’origine d’un appel à manifestation d’intérêt pour, entre autres, l’évaluation d’un système de détection et d’évitement de plateformes autonomes intégré sur un hélicoptère du ministère des Armées.

 

Inauguré en décembre 2019 sur le site Aerocampus Aquitaine, ce cluster régional d’innovation technique de défense dédié au domaine aérospatial associe la DGA, Aerospace Valley, l’armée de l’Air et l’armée de Terre. Son comité de pilotage comprend des représentants de la DGA Essais en vol (DGA EV), l’AIA de Bordeaux, le CEAM de Mont-de-Marsan et du 13e RDP de Martignas-sur-Jalle. L’une de ses missions, placée sous le pilotage des Armées, est d’identifier les besoins en innovation à partir des nouvelles exigences opérationnelles transmises par les forces. Six mois plus tard, c’est chose faite avec un premier appel à manifestation d’intérêt portant sur quatre sujets : l’énergie, la simulation de départ missile, le support pédagogique et la détection de drones.

 

L’intérêt pour un système anti-collision s’explique par l’éventualité pour les aéronefs de la DGA EV d’évoluer « dans des espaces de classes E et G dans lesquels la présence d’activité drone peut avoir lieu », souligne la fiche descriptive publiée par Aliénor. Dans de telles circonstances, le non-respect du plafond réglementaire (150 m en France) par les télépilotes de drones de loisir engendre des risques d’abordage des plateformes utilisées par la DGA. « Des remontées de ‘near miss incident’ montrent que ce risque est réel et devrait, avec la forte croissance du marché des drones, augmenter dans les prochaines années », ajoute le cluster. Un premier incident de ce type avait été constaté dès septembre 2017, lorsqu’un drone de loisir était entré en collision avec un hélicoptère Black Hawk de l’armée américaine au dessus de Staten Island (New York).

 

L’objectif du projet « Drone – Collision Alert System » sera donc d’évaluer une solution de détection sur un hélicoptère de type Puma ou Fennec afin de prévenir ce risque d’abordage. Pour être retenue, la technologie proposée devra être en mesure de détecter tous les types de drones dans un rayon minimal de 1 km, d’alerter le pilote lorsque ceux-ci se trouvent à proximité et de donner une indication de leur position et de leur direction pour pouvoir guider le pilote dans sa manoeuvre « see and avoid ». Pour éviter d’impacter le potentiel de l’appareil porteur, le système devra disposer de sa propre source d’énergie et présenter une autonomie supérieure à 3h. Il devra également être interfaçable avec la tablette de bord via un réseau Wifi.

 

Diffusé dès le 26 février par le cluster Aliénor, cet AMI n’a étonnamment été relayé que hier par le ministères des Armées. Les réponses sont attendues d’ici le 16 mai, date à laquelle celles-ci seront étudiées par l’ensemble du cluster Aliénor et par les forces intéressées. En cas de succès, le système repris sera l’objet d’essais au sol et en vol réalisés sur le site de la DGA EV, pour ensuite envisager une mise à l’échelle du prototype. Une intégration consécutive sur les flottes d’hélicoptères militaires serait probablement une première en France, les appareils en service dans les Armées étant dépourvus de système anti-collision dans la mesure où ils sont régulièrement appelés à voler en formation serrée.