Technamm Masstech T4 et Recamp pour l’armée française : des 4×4 inattendus…

Technamm est une petite société française créée par des passionnés du véhicule tout-terrain et des véhicules militaires. Elle s’est spécialisée dans les engins spéciaux et ceux destinés à la lutte contre les incendies. De là, elle a extrapolé ses réalisations pour toucher des marchés plus larges. Elle a réussi un coup très fort en vendant 500 T4 et 50 Recamp à l’armée française, hors appel d’offres. Reste à en assurer tout le support tel qu’il est classiquement lié à tout marché militaire.

 

Technamm Masstech T4 et Masstech Recamp, deux achats inattendus de l'armée française (Photo: FOB)

Technamm Masstech T4 et Masstech Recamp, deux achats inattendus de l’armée française (Photo: FOB)

 

Trente ans d’expérience dans les véhicules tout-terrain, c’est un indicateur de la compétence que peut revendiquer cette petite société établie à Lambesc, près d’Aix-en-Provence. Christian Reverdy, son directeur général, n’est pas peu fier de raconter comment le marché des 500 Masstech T4 – un SUV militarisé – a été conclu.

 

En 2016, Technamm a réalisé un véhicule répondant à des spécifications exprimées dans un appel d’offres émis par les forces armées. Le projet a été basé sur base d’un gros Toyota Land Cruiser, un 4×4 avec moteur diesel 6 cylindres de 4.164cc, dont les multiples qualités sont renommées depuis des décennies, notamment au fil d’opérations de l’ONU en divers pays d’Afrique et d’Asie.

 

Sur cette base, utilisant son « feeling » en matière de besoins militaires, la société a adapté le véhicule pour le militariser et l’a ensuite présenté à différentes composantes des forces armées concernées par l’appel d’offres. Pour l’essentiel, celles-ci ont exprimé une heureuse surprise et déclaré qu’elles n’auraient pu mieux définir le véhicule correspondant au mieux à leurs désideratas portant sur un gros SUV destiné à équiper des unités a priori appelées à intervenir en opérations extérieures. Qui dit Toyota, dit disponibilité quasi universelle de pièces commerciales. Moyennant quelques détails vite réglés, le véhicule achevé a convaincu le ministère des Armées qui en a dès lors rapidement acheté 500 exemplaires. Jackpot pour une petite entreprise qui s’est ainsi trouvée à jouer dans la cour des grands… qui ne sont pas contents.

 

La fourniture de toute la documentation technique couvrant jusqu’à la plus petite vis est en cours de réalisation et les éléments nécessaires à l’utilisation opérationnelle des véhicules pendant une quinzaine d’années sont progressivement mis en place.

 

En plus des Masstech T4, Technamm a vendu 50 Masstech Recamp, des pickups dans une version très dépouillée mais néanmoins dotés d’une structure tubulaire de support pour mitrailleuse, également sur base Toyota. Le Masstech Recamp est livré à des unités qui sont déployées dans la zone G5 Sahel, donc en zone subsaharienne, où elles opèrent contre les milices terroristes islamistes. Technamm espère évidemment qu’en voyant ces véhicules semblables à ce qui est utilisé par des armées ou des milices locales depuis bien longtemps, des gouvernements de la région puissent devenir des clients.

 

Jusqu’à présent Technamm a livré 300 des 500 Masstech T4 achetés par l’armée française, ainsi que 30 des 50 Masstech Recamp.

 

Sur fonds propres, Technamm a développé une version 6×6 de son Masstech T4 : le Masstech T6. Nul doute que cette version allongée éveille à son tour la curiosité de certains clients potentiels. La société développe actuellement un Masstech VPS/2-Fox destiné aux forces spéciales. On reconnaît un T4 très dépouillé et agencé de manière désormais classique pour ce marché qui n’est plus de niche, loin s’en faut.

 

La société commercialise aussi un gros SUV ou pickup blindé, toujours sur base Toyota : le Technamm Baroud 3.5T.

 

Dernier véhicule que nous tenions à évoquer dans ces lignes, le Fennec est un petit fardier (véhicule de transport) conçu sur base du Suzuki Jimny. L’engin est motorisé par un Renault 1.5 dci, donc disponible et peu coûteux sur le marché français. L’engin est doté d’une superstructure de protection tubulaire, de porte-jerrycans et d’une mitrailleuse de sabord. Public cible ? Les forces spéciales, évidemment ! Quel constructeur néglige encore de présenter un ou plusieurs véhicules destinés à ce marché sans cesse croissant, une véritable poule aux œufs d’or pour les fabricants, petits ou grands, qui parviennent à combiner adéquatement les desiderata militaires et les coûts de production selon le client ? Quand on voit tout ce qui est proposé dans un salon aussi vaste qu’Eurosatory, on ne peut que tirer son chapeau à un militaire britannique de génie : le capitaine David Stirling, créateur du Special Air Service – les SAS – en Afrique du Nord le 1er juillet 1941. Les véhicules ont évolué mais sa philosophie d’action reste d’une actualité extraordinaire !

 

Allez, Technamm a le vent en poupe. On ne peut que lui souhaiter de séduire davantage de clients passés par Eurosatory 2018.