Après quelques années de réflexion mais conformément à l’horizon fixé, les armées françaises se sont lancées à la recherche de nouveaux filets de camouflage qui permettront de réduire la signature de leurs véhicules terrestres. Le nom de ce programme piloté par la Direction générale de l’armement (DGA) ? LOKI.
Oui, le sujet est ancien et certains font parfois avec les moyens du bord mais, non, les militaires français ne restent pas les bras croisés pour ce qui est de camoufler leurs véhicules. Un autre programme d’acquisition est sur les rails, visant cette fois à se doter de « kits de discrétion multispectraux » (KDM) rebaptisés à terme LOKI. L’armée de Terre en sera le principal bénéficiaire.
« Face aux capteurs de plus en plus performants sur le champ de bataille, et afin de prendre en compte le besoin de camouflage des véhicules en mouvement et lors des phases de stationnement sommaire, ces systèmes LOKI seront utilisés pour réduire la signature globale de ces matériels, en leur permettant de se confondre avec l’environnement afin d’échapper à la surveillance ennemie », rappelle la DGA dans un avis publié aujourd’hui.
Pour l’instant au stade de la compétition, LOKI sera décliné en deux versions. L’une, dite de « camouflage rapide » (CR) dissimulera le train de roulement. L’autre, semi-permanente (ou LOKI SP), se focalisera sur les parties hautes du véhicule. Modulable, LOKI s’adaptera selon le véhicule utilisé et l’environnement rencontré, qu’il soit désertique, de type centre-Europe ou enneigé.
Sans surprise, LOKI devra atténuer la détectabilité face aux capteurs adverses « en permettant une dissimulation dans les différentes longueurs d’onde de la menace, dont visible, proche infrarouge, infrarouge thermique ». Aucune autre exigence technique n’est détaillée, à l’exception de l’éventuelle surface couverte par chaque version : 30 m2 pour la version SP et un peu plus de 11 m2 pour le filet à pose rapide.
La DGA a d’ores et déjà estimé l’étendue du besoin, fixé à 46 000 LOKI CR et 15 000 LOKI SP pour l’ensemble de l’accord-cadre. Conclu pour sept ans, ce dernier tient néanmoins compte de la volatilité du contexte sécuritaire. Il permettra ainsi aux armées de commander jusqu’à deux fois ces volumes initiaux « pour faire face à d’éventuels besoins supplémentaires ou crise ».
Entre le fond brun terre de France, le camouflage tactique (CAMTAC) et les filets écrans radar-IR (FENRIR), voilà un moment que l’armée de Terre planche sur le renouvellement de ses moyens de camouflage. La prolifération de drones dotés de capteurs infrarouges n’a fait que renforcer le besoin. La problématique était notamment au centre de réflexions partagées en juin 2024 par la Section technique de l’armée de Terre (STAT). Celle-ci avait alors dévoilé le projet FIRR (pour filets infrarouge-radar) visant au remplacement des écrans de camouflage rapide (ECR). Une réflexion qui semble avoir abouti en temps et en heure sur une phase d’acquisition.
Crédits image : état-major des armées