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Les surprises du 14 juillet

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Chaque défilé militaire du 14 juillet apporte son lot de surprises. L’édition 2026 n’y fera pas exception avec, dans les rangs de l’armée de Terre, quelques nouveaux équipements et innovations démontrant les tournants capacitaires récemment engagés.

Près de 10 000 militaire, environ 300 véhicules, plus de 120 aéronefs : les pavés parisiens vibreront cette année sous le signe du « réveil stratégique de l’Europe », thématique retenue un défilé militaire « innovant et massif » qui mettra une nouvelle fois les partenaires de la France à l’honneur. Dans les airs, le ballet aérien sera notamment inauguré par deux Mirage 2000 aux mains de pilotes ukrainiens. Au sol, le défilé des troupes à pied sera ouvert par les 35 nations de la Coalition des volontaires, cette initiative lancée par la France et le Royaume-Uni visant à renforcer le soutien européen à l’Ukraine. 

Côté armée de Terre, le défilé motorisé réserve quelques surprises pour l’oeil averti. L’occasion est choisie pour mettre en avant de nouvelles structures. Traditionnellement centrée sur les brigades et régiments, la séquence mettra cette fois en relief le rôle central alloué au corps d’armée, à la division et à leurs éléments organiques. Créés en 2024, ces commandements Alpha* montent depuis lors en puissance concomitamment avec les objectifs de mise sur pied d’une première division projetable en 30 jours en 2027, puis d’un corps d’armée en ordre de bataille pour 2030. Les 299 véhicules annoncés seront ainsi emmenés par un détachement d’une trentaine de personnels du Centre interarmées des actions sur l’environnement (CIAE) et de la 712e compagnie de transmissions, deux unités appartenant au CAST.

Difficile de l’ignorer : il y aura du SCORPION à tous les échelons. Les dernières éditions avaient chacune permis d’introduire un nouveau blindé de cette gamme appelée à renouveler le segment médian de l’armée de Terre. Plus de 70 Griffon, Jaguar et Serval seront disséminés au sein d’un dispositif centré sur la 9e brigade d’infanterie de marine (9e BIMa). En son centre, quatre Griffon belges symboliques d’un partenariat franco-belge CaMo dont le volet matériel est bel et bien lancé. Ce détachement sera emmené par le chef de corps de l’École d’infanterie belge, le major Grégory Verschueren. 

Derrière SCORPION et sa déclinaison belge, une poignée de nouveaux équipements et d’innovations vont faire le. Côté artillerie, le 11e régiment d’artillerie de marine mettra en avant deux systèmes V3P PAMELA, cette variante « MISTRAL 3 » d’un porteur Scania qui permettra de remotoriser la défense sol-air basse couche de l’armée de Terre. 

Côté cavalerie, le rendez-vous est pris pour une sortie au grand jour de l’escadron de drones de chasse imaginé, mis sur pied et expérimenté par le 1er régiment d’infanterie de marine (1er RIMa).  Une vingtaine de marsouins manoeuvreront les cinq Ford Ranger hébergeant autant de « meutes » de drones de renseignement ou d’attaque et de munitions téléopérées. En attendant la grande messe parisienne, cette unité pionnière sera de retour la semaine prochaine au centre d’entrainement au combat (CENTAC) de Mailly-le-Camp. Appuyé par le 6e régiment du génie et le 11e régiment d’artillerie de marine, il y affrontera une force adverse armée par nulle autre que la 7e brigade blindée. Devenue « prototype » en avril dernier, cette unité de drones de contact sera élargie à cinq autres régiments de l’armée de Terre. 

Côté renseignement, le 61e régiment d’artillerie sera de sortie avec deux drones DT 61 du droniste toulousain Delair. Des drones montés sur le plateau d’un camion GBC 180 et auxquels le ministère des Armées accole l’acronyme désormais bien connu de « SDTL », pour système de drones tactiques légers. Subordonné au CAPR, le 61e RA serait le premier à être équipé de ce système VTOL doté de 7h d’autonomie et d’une élongation de 100 km. Il sera présenté la semaine prochaine à Eurosatory sur le stand ministériel, à proximité d’un drone Capa-X aux performances globalement similaires. 

Côté transmetteurs, le 41e régiment de transmission complète le kit HYDRE – dévoilé l’an dernier – du kit GHOST (Gestion de l’hybridation opérationnelle des supports de transmissions). Après l’intégration sur VAB de 2025, tous deux seront pour l’occasion intégrés sur des véhicules légers VT4. Chaque solution vise à répondre à l’enjeu désormais bien identifié de résilience des communications en environnement brouillé. Développé par le 28 régiment de transmissions et avec l’appui du 92e régiment d’infanterie, GHOST offre au poste de commandement tactique la capacité de basculer sur différents réseaux de communication (4G/5G, satellites civils, radio militaire) en cas de perturbation ou de brouillage de l’un d’entre-eux.

Il semblerait, enfin, qu’il y ait bien un char Leclerc au programme cette année. Cet unique exemplaire au standard XLR saluera la foule et les tribunes depuis un porte-engin blindé conduit par le 515e régiment du train, mission étonnante car généralement confiée à d’autres régiments de tringlots. Erreur ou non, l’éternel positionnement en queue de défilé de ces unités de l’appui et de la logistique donnerait presque l’impression d’un rôle secondaire. Leur rôle est pourtant central dans la manoeuvre. Sans eux, pas un seul des véhicules qui les précèderont sur les Champs-Élysées n’irait bien loin sur le théâtre d’opération.

*Commandement des actions spéciales Terre (CAST), Commandement des actions dans la profondeur et du renseignement (CAPR), Commandement de l’appui terrestre numérique et cyber (CATNC), Commandement de l’appui et de la logistique de théâtre (CALT)

Crédits image : armée de Terre

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