Les gendarmes et policiers bientôt mieux protégés face au Covid-19

(Crédit : Préfecture de police de Paris/Twitter)

(Crédit : Préfecture de police de Paris/Twitter)

 

Gilets pare-balles et armes de poing ne sont désormais plus suffisants pour protéger efficacement les forces de sécurité intérieure. Pour prémunir les gendarmes et policiers de cet « ennemi invisible » qu’est le Covid-19, le ministère de l’Intérieur s’apprête à commander plusieurs millions de litres de gel hydroalcoolique, de lingettes désinfectantes, de gants à usage unique et de masques chirurgicaux, révèle une procédure d’achat d’urgence émise jeudi dernier.

 

Depuis la mi-mars, 100 000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour assurer des points de contrôle fixes et mobiles sur tout le territoire français afin de faire respecter les mesures de confinement. En contact quasi permanent avec la population, ils font donc eux aussi partie des professions parmi les plus exposées à une éventuelle contamination. Selon Ouest France, au moins une quarantaine d’entre eux ont été testés positivement au coronavirus depuis le début de l’épidémie.

 

Alors pour éviter une érosion massive dans ses rangs, le ministère de l’Intérieur met les bouchées doubles pour conjuguer la sécurité sanitaire de ses employés et des citoyens se rendant dans les commissariats et les impératifs de la sécurité du territoire. Cela passe par la constitution d’un stock national de matériels sanitaires de base.

 

Les cibles exprimées par cet appel d’offres sont à la mesure du dispositif : 1,5 million de litres de gel hydroalcoolique déclinés en différents formats, 2 millions de lingettes désinfectantes, 2 millions de gants à usage unique et 2 millions de masques chirurgicaux. Le tout est budgétisé à hauteur de 15,7M€. Les prestataires devraient être sélectionnés à la mi-avril.

 

« Cet appel d’offres s’inscrit dans une situation d’urgence simple pour faire face à l’épidémie de COVID 19 (coronavirus), » précise la Saelsi, l’organe d’achats du ministère de l’Intérieur. Une situation inédite qui permet à la Saelsi de déroger au code la commande publique en ramenant le délai de réception des offres à 15 jours, contre 30 jours en situation normale.

 

L’approvisionnement par des entreprises françaises ne devrait pas s’avérer insurmontable au vu du nombre de sites industriels ayant basculé en urgence leur production afin de répondre à l’urgence sanitaire. À lui seul, le site de Sorgues du fabriquant d’explosifs Eurenco sera bientôt en mesure de fabriquer 40 000 litres de solution hydroalcoolique par semaine. Les industriels du secteur de la chimie sont également en pleine réorganisation afin d’être capable de produire au plus vite 100 000 litres de gel hydroalcoolique par jour, annonçait hier leur fédération.

 

C’est tant mieux car les besoins risquent d’évoluer à courte échéance en raison notamment d’une montée en puissance de l’opération Sentinelle  dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. « On a décidé que ce dispositif monte en puissance et continue à nous accompagner. Ils vont nous accompagner un peu plus encore, » a déclaré vendredi dernier le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sans détailler les mesures envisagées. « L’armée, dans certaines missions, est aux côtés de nos forces de sécurité intérieure », a-t-il rappelé, précisant par ailleurs que les personnels impliqués dans Sentinelle « ne font pas de contrôle de papier mais ils font de la sécurité, ils sont un vrai appui ». Près de 7000 militaires sont déployés en permanence dans le cadre de Sentinelle et 3000 autres sont mobilisables sans préavis pour renforcer le dispositif.